« La tête et les jambes », résume Oleg Barabasz. L’entraîneur du Trégor Savate Club de Perros-Guirec mesure la progression de Florian Le Boubennec, son poulain.
À 21 ans, le jeune combattant de Pommerit-Jaudy est devenu champion de France de savate boxe française (combat), dans le Nord, à Maubeuge, samedi 1er février.
Il s’est relevé de Pontivy
Chez les moins de 70 kg, dans cette antichambre du plus haut niveau national, « l’équivalent de la Ligue 2 pour le foot », le Trégorrois a brillé dans ce style d’opposition sans restriction de puissance.
Quelques mois plus tôt, en août 2024 lors d’un gala de boxe à Pontivy, la saison avait pourtant commencé au plus mal. Un coup bête, un K.-O et une commotion cérébrale :
« Cela a été très dur, mais on s’est dit avec Oleg qu’on ne lâcherait pas l’affaire ».
Il est venu à bout d’Esteban Colomé, une référence française en kickboxing, licencié au Savate Hyper Fighting près de Toulouse. La récompense, après une préparation physique, et un travail technique pour contrecarrer les plans d’un danger sur pattes : « grand, gaucher, imprévisible ».
Florian, porté par la foi
Avant d’avaler les 7 h de route, direction le Nord, en compagnie d’Oleg et d’Alain Jégou, également entraîneur, « il y a eu des moments de doute », concède Florian Le Boubennec, pas du genre à « se lamenter ». Ils resteront enfouis.
« Bizarrement, je n’étais pas plus stressé qu’avant un combat » normal «. C’est peut-être le contraste avec la demi-finale, dans un gros gala, avec 800 spectateurs… » Une sérénité qu’il trouve dans la foi.
« Je vais me faire baptiser, bientôt. Je pense que la croyance m’apporte un certain apaisement. Je fais ce que j’ai à faire, et parfois, la décision, je me dis que ce n’est pas moi qui décide… »
10 minutes de combat
Privé par un souci technique de son entrée en finale sur sa musique bretonne, le Trégorrois ne s’en est pas formalisé avant de plonger dans 5×2 minutes de combat. « À mon humble avis, il gagne les trois premières reprises. Florian devait être très mobile, ne pas rester en face de son adversaire, qui boxait très en ligne, très dur », commente Oleg Barabasz.
« Flo’ aime bien faire la bagarre, et en tant qu’entraîneur, on essaye de tout faire pour qu’il ne reste pas en face faire la bagarre ! »
Une fierté bretonne
Au sortir d’une baisse de régime dans la 4e manche, le Pommeritain est parti « à la guerre », touchant deux fois au visage son rival avec un fouetté jambe arrière. « C’est grâce à Oleg, il m’a dit que c’était ouvert au visage, qu’il avait sa garde basse. Ça a tapé directement ! »
Le voilà champion de France, pour le bonheur des siens, ses parents David et Vanessa, son petit frère Lucas, qui suit ses pas, et Arnaud, ami de la famille venu d’Auxerre pour le voir.
La soirée a été grandiose pour la savate bretonne : les Rennais Mohammad et Astadji ont décroché le titre aussi, la Lorientaise Elise est vice-championne de France. « C’est quand même assez rare, quatre Bretons en finales Elite B », souligne Florian, déjà vainqueur de l’Open de France assaut en 2022, et champion de France espoirs combat en 2023.
Saison anglaise ?
Et la suite ? Il pourrait grimper au plus haut niveau en Elite A, mais s’avère aussi séduit par une saison en boxe anglaise.
« D’ailleurs, je suis persuadé que le fait que je fasse de la boxe anglaise a fait la différence, grâce à mon entraîneur du Trégor Boxing de Lannion Laurent Guil ».
En mai prochain, il devrait pouvoir prendre sa revanche à Pontivy, aussi… Pour le Trégorrois, qui compte désormais 25 combats à son actif, la boxe, c’est toute sa vie, puisqu’il est entraîneur sur les secteurs de Perros, Tréguier et Paimpol, donne des cours en Ehpad ou à LTC.
Un équilibre admiré par Oleg Barabasz. Pas de doute, pour lui, son poulain est un champion, « capable de se relever après un passage difficile, et d’arriver au bout de l’objectif ».
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