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cette infirmière prend le relais pour soigner les habitants

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Dans le village de Tennie (Sarthe), le cabinet médical tenu par le Dr Rudy Attal et sa fille, Eve, a fermé définitivement ses portes, le 29 juin 2023. Du jour au lendemain, 3 200 patients se sont retrouvés dans le pétrin. À qui la faute ? Sûrement pas au Dr Rudy. Ce dernier avait annoncé dès 2014 son départ à la retraite à la commune et la communauté de communes.

Il a fallu attendre septembre 2024, soit près d’un an après sa fermeture, pour que le cabinet médical de Tennie rouvre ses portes, non pas avec des médecins, mais sous la houlette d’une infirmière en pratique avancée, Julie Fraipont.

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Une formation spécifique de deux ans

Pour cette dernière, cette installation est l’aboutissement d’un parcours pour faire évoluer sa carrière. Originaire du Mans, Julie Fraipont a obtenu son diplôme d’infirmière en 2006, à Paris. Elle exerce ensuite cinq ans à la clinique du Pré, au Mans, avant de s’orienter vers l’hospitalisation à domicile, de 2010 à 2022.

En 2022, « j’ai senti le besoin de donner un nouveau virage à ma carrière professionnelle », raconte-t-elle.

J’ai donc quitté le milieu des soins pour suivre, de septembre 2022 à juin 2024, un master en deux ans, avec diplôme à l’appui d’infirmière en pratique avancée, à la faculté de santé d’Angers.

Julie Fraipont
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Une étude de terrain avant de se lancer

Dans le cadre de sa formation, l’infirmière a fait deux stages à la maison de santé de Sillé-le-Guillaume, « avec l’idée de m’installer à mon compte. J’ai alors écrit mon projet. Et je l’ai adressé aux maisons de santé de Sillé et de Conlie, à la communauté de communes de la Champagne Conlinoise et du Pays de Sillé (4CPS) et à la Communauté professionnelle territoriale de santé du Maine. J’ai aussi mené une étude locale et il s’avère que le territoire de la 4CPS était favorable à mon installation ».

Des aides pour son installation

Pour s’installer, celle qui vit elle-même à Tennie depuis 2007, a bénéficié de plusieurs aides, notamment de la commune.

La municipalité me fait payer un loyer mensuel modéré de 200 euros. Elle a aussi fait la démarche auprès du conseil départemental afin d’obtenir une subvention pour rembourser l’achat de matériel pour mon cabinet à hauteur de 50 %.

Julie Fraipont

La communauté de communes de la Champagne Conlinoise et du Pays de Sillé lui attribue également une subvention, à hauteur de 7 500 euros, « à condition que je travaille au moins trois jours par semaine dans mon local, à Tennie, et que je reste cinq ans minimum sur le territoire de la 4CPS. » Par ailleurs, l’infirmière a reçu 20 000 euros de la part de la Caisse primaire d’assurance maladie, dans le cadre de l’aide à l’installation. 

Seulement certains motifs de consultation

Concrètement, que peut faire une infirmière en pratique avancée ? « J’assure le suivi des patients atteints de pathologies chroniques : hypertension artérielle, diabète, insuffisance cardiaque, BPCO… Il faut savoir que ce sont les médecins qui m’envoient la patientèle », précise Julie Fraipont.

L’infirmière peut aussi réaliser des prescriptions, « pour tout ce qui est vaccination, sevrage du tabac, bilan sanguin, examen complémentaire, renouvellement de médicaments avec réadaptation de posologie si besoin, matériel médical et dispositifs médicaux comme les pansements ».

Une offre complémentaire aux médecins

Une offre de soin complémentaire donc, mais qui ne remplace pas les médecins. Pourtant, certains d’entre eux voyaient du mauvais œil l’arrivée de Julie Fraipont sur le territoire. « Peut-être par méconnaissance de mon champ d’action, interprète l’infirmière. Ils n’admettaient sans doute pas les tarifs de mes consultations, de 30 ou 50 euros selon le type d’intervention. Mais il faut savoir que la consultation à 50 euros est un forfait trimestriel. Un patient suivi par exemple pour le sevrage du tabac peut venir me voir jusqu’à quatre fois en un seul trimestre. »

Je ne suis pas médecin et je ne veux surtout pas prendre leur travail. Je souhaite tout simplement travailler en collaboration avec eux. Je pense que tous les professionnels autour du patient doivent se coordonner pour une meilleure prise en charge possible.

Julie Fraipont

Julie Fraipont entretient néanmoins de bonnes relations avec les médecins de la maison de santé de Sillé-le-Guillaume, à laquelle elle est rattachée. « C’est toujours agréable de ne pas se sentir seule, même si une dizaine de kilomètres nous séparent. »

Julie Fraipont, infirmière en pratique avancée, doit travailler sur trois postes dans la Sarthe, à Tennie, Fresnay-sur-Sarthe et au Mans, pour se dégager un salaire convenable.  ©Chafik AOUNI

Pas suffisant pour avoir un salaire

Depuis septembre dernier, l’infirmière en pratique avancée se fait progressivement sa place depuis le cabinet de Tennie, mais pas au point de se dégager un salaire convenable.

Ainsi, elle intervient en parallèle à Fresnay-sur-Sarthe et au Mans, au total à 40 % de son temps, « pour faire face aux charges qui restent très lourdes ». Plus qu’une solution véritablement viable à long terme, pour Julie comme pour les habitants, l’infirmière en pratique avancée semble plutôt un pansement. 



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