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cette directrice d’école pilote l’organisation de matchs de Ligue 1

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Le compliment est sorti de la bouche de John Textor, le patron de l’Olympique Lyonnais : « Vous êtes sacrément courageuse pour ce job ».

Dimanche 2 février, Marjorie Gentilhomme est montée dans le bus des Gones pour le trajet jusqu’au Vélodrome, un an après le caillassage du car aux abords du stade, qui avait provoqué de sérieuses blessures au visage pour le coach de l’époque, Fabio Grosso. La direction rhodanienne voulait s’assurer de la présence d’une déléguée de la Ligue comme témoin, en cas de nouveaux débordements.

Mais alors que 500 CRS escortaient les joueurs, le staff, la direction et, donc, la Vitréenne, on a dû expliquer à l’homme d’affaires américain que non, Marjorie Gentilhomme n’était pas payée pour cette mission de bénévolat, et qu’elle était enseignante et directrice des écoles à Vergéal et Domalain (Ille-et-Vilaine) la semaine.

« Médiateurs, facilitateurs »

C’est justement à Domalain qu’elle reçoit mercredi 5 février, sur les coups de midi, à l’issue d’une réunion avec ses collègues qui ont pu goûter les pâtisseries provençales remontées de Marseille, comme avait pu l’être une bouteille de Chablis au retour d’un match à Auxerre il y a plusieurs semaines.

Marjorie Gentilhomme endosse le costume de professeure des écoles et de directrice, à Domalain et Vergéal. ©Mathéo Girard

« Travailler dans les écoles et comme déléguée de match, ce sont deux fonctions qui nécessitent d’avoir un sens de l’organisation et aussi un peu du management, éclaire cette femme de 38 ans. Le week-end, on anime des réunions. On manage, car on fait le lien entre la LFP et les clubs. On est aussi des médiateurs, des facilitateurs. Je dirais que tout ça ressemble beaucoup à mon travail de directrice. »

Un Olympico, une chance

Concrètement, c’est aux délégués qu’est confiée la tâche du parfait déroulement d’une rencontre, aussi bien la partie sportive (feuille de match), la garantie de la sécurité (feux d’articles, rapport en cas de bagarre en tribunes), que le planning des animations (minute de recueillement par exemple).

Ça, c’est pour la théorie, puisqu’il faut parfois improviser. Lors du Strasbourg – Monaco du 9 novembre, après la blessure de l’arbitre central, et son remplacement par le 4e arbitre, c’est elle qui avait assuré les missions de ce dernier, notamment l’annonce des changements et du temps additionnel.

Marjorie Gentilhomme a exceptionnellement enfilé le costume de 4e arbitre lors d'un Strasbourg - Monaco.
Marjorie Gentilhomme a exceptionnellement enfilé le costume de 4e arbitre lors d’un Strasbourg – Monaco. ©Collection Marjorie Gentilhomme

Ce qui lui avait valu, après coup, un message sympathique de l’entraîneur alsacien, Liam Rosenior, en conférence de presse : « Je ne savais plus à qui m’adresser pour faire mes changements. C’est la première fois que je vis ça dans ma carrière. Heureusement, il y a une déléguée qui a pu m’orienter à ce moment-là. »

Totalement ressourcée le lundi matin

Le Marseille – Lyon de dimanche 2 février, jugé très à risques par la Préfecture, s’est globalement bien passé malgré des tirs de fumigènes et quelques chants injurieux qui sont loin d’être inhabituels dans l’ambiance électrique au Vélodrome. « On ne regarde que 30 % du match, parce qu’il y a beaucoup de choses autour à surveiller, dessine Marjorie Gentilhomme. Je suis restée focalisée mais il faut reconnaître qu’un Olympico, ce n’est pas donné à tout le monde, et j’ai pris énormément de plaisir. »

La vie de Marjorie Gentilhomme ne laisse pas beaucoup de place au repos. Alors que l’Olympico s’est terminé sur les coups de 23 h dimanche, elle était attendue dans ses fonctions dans le Pays de Vitré dès le lendemain : « Je profite des trajets train pour pouvoir me poser. Mes mercredis après-midi sont souvent libres aussi, note celle qui est aussi au conseil d’administration de l’AS Vitré. Oui, c’est de la charge mentale mais c’est tellement de plaisir que je suis de retour à l’école le lundi totalement ressourcée, avec le sentiment du devoir accompli, même s’il y a un peu de fatigue physique. »

Ce qui la passionne dans le football ? Le jeu, bien sûr, puisqu’elle a été joueuse elle aussi, puis arbitre avant une grave blessure, mais pas que.

« C’est aussi le plaisir de voir le stade et l’ambiance. Quel autre sport que le football offre autant d’émulation ?, s’interroge-t-elle. Au coup de sifflet final de l’arbitre à Marseille, tout le stade se lève et chante Wesh alors de Jul. C’est un spectacle superbe. Être déléguée, c’est aussi de belles relations humaines. »

C’est également un devoir de réserve, concernant les velléités des spectateurs en tribunes, régulièrement critiques face à la politique de la LFP, qu’ils jugent coercitives sur l’interdiction de déplacement des supporters visiteurs ou la pyrotechnie.

Deux sujets sur lesquels la Vitréenne ne se prononcera pas : « Notre mission est simplement celle d’observateurs et de retranscripteurs sur le terrain ».

Les siennes, ce sont aussi celles d’enseignante en semaine. Avec parfois ces petites remarques des élèves, comme ce lundi : « Je vous ai vue à la télé hier soir. »



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