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« C’est devenu une addiction saine »

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À l’Établissement Français du Sang de Metz (Moselle), Jean Giovanella est connu comme le loup blanc. Durant 29 ans, le Messin y a donné son sang 255 fois.

Le militaire retraité de 62 ans – donneur régulier depuis ses 18 ans – est en passe de franchir le cap symbolique des 300 dons de sang.

Des chiffres impressionnants, dont Jean se félicite avec humilité, résultant d’une vie « au service des autres ».

Quelques-unes des nombreuses cartes de donneur de sang de Jean Giovanella. (©Document remis)

« Le corps, c’est une vraie petite merveille »

Quelques données permettent de mieux se rendre compte de l’ampleur de l’engagement solidaire de Jean.

Vidéos :
  • 85 dons du sang total (la forme de don la plus courante). Soit 38,25 litres de sang donné, l’équivalent de la consommation d’eau lors d’une douche rapide.
  • 210 dons de plasma (la partie liquide du sang, de couleur dorée). Soit 179,55 litres de plasma donné, l’équivalent d’une baignoire remplie.
  • Au total, ce sont donc 295 dons du sang qui ont été effectués par Jean. Soit 217,8 litres de sang donné, l’équivalent d’une baignoire deux places remplie.

« On pourrait aussi dire 10 jerricans de 20 litres », s’esclaffe Jean. Il reprend : « J’ai déjà fait les calculs. Quand j’ai vu plus de 200 litres, je me suis dit ‘c’est incroyable !’ » « Le corps, c’est une vraie petite merveille », sourit-il.

« J’ai soigné un petit village »

Mais un dernier chiffre – le plus important – traduit l’impact concret des dons de Jean. « On dit que lorsqu’on donne son sang, on soigne trois malades », explique-t-il. Sur son application, l’Établissement Français du sang (EFS) certifie : « Vos dons ont déjà permis de soigner 768 malades ».

« Il y a des fois où je me dis qu’avec tous mes dons, j’ai soigné un petit village », plaisante Jean. C’est en effet l’équivalent de la population d’Etting (Moselle) qui a pu profiter de son sang O + – pouvant être transfusé à n’importe qui ayant un facteur rhésus (Rh) positif.

Partager sa bonne santé

Comment expliquer un tel don de soi ? Celui qui fut un temps aumônier militaire déclare être conscient de sa bonne fortune : « Je suis en bonne santé, je n’ai pas subi d’opérations, je ne prends pas de médicaments… Je suis du bon côté de la barrière et j’en suis très heureux. »

Il résume ainsi ce geste « solidaire et gratuit » : « C’est une envie de partager ma bonne santé avec ceux qui ont moins de chance. »

« C’est devenu une addiction saine »

Lors de ses classes militaires dans les années 80, en passant par un don en maillot de bain lorsqu’il avait aperçu un camion de l’EFS sur la plage, jusqu’à sa retraite et ses voyages en Serbie… le don du sang est un véritable fil rouge de la vie de Jean. « C’est devenu une addiction saine », justifie-t-il, « c’est un geste naturel, mais je ne veux pas parler de routine ».

Décoré déjà par trois fois, il envisage d’atteindre les 300 dons d’ici à l’automne. « C’est un palier important, mais ce n’est pas pour dire ‘après, je m’arrête’. À partir de demain, je peux donner mon sang pendant encore quatre ans. »



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