Le Ministère de l’Intérieur vient de publier les chiffres de la délinquance par département en 2024. Une photographie détaillée assez contrastée des territoires. A Paris, si certains indicateurs sont en net recul, d’autres, en revanche, affichent une évolution inquiétante. C’est notamment le cas des meurtres et des tentatives de meurtres dans la capitale qui ont fortement augmenté en un an.
Les indicateurs de la délinquance en hausse à Paris
Au niveau national, dans les zones police et gendarmerie, le nombre de victimes d’homicides (y compris attentats) diminue légèrement (-2 %) pour s’établir à 980 victimes. « Cette baisse rompt avec la hausse continue des homicides observée entre 2020 et 2023, note le Ministère de l’Intérieur ».
Les tentatives d’homicides, elles, augmentent (+7 %) en 2024, leur croissance ralentissant néanmoins par rapport aux deux années précédentes. Au total depuis 2016, le nombre de tentatives d’homicides s’accroît en moyenne de 8 % par an en France, contre +1 % par an pour les homicides.
En Île-de-France, ces deux indicateurs sont malheureusement en progression : 901 personnes ont été victimes d’une tentatives d’homicide en 2024 (+13,2%) et 167 ont été tuées (+7,1%).
A Paris, les résultats sont encore plus mauvais. On dénombre sur l’année 34 meurtres, soit une hausse de 36% et 187 tentatives de meurtres (+32,6%). Les autres indicateurs à la hausse dans la capitale sont les violences sexuelles (5877 victimes, +12,2%), en progression pendant les Jeux olympiques et paralympiques (voir encadré).
Le nombre de personnes mises en cause pour usage de stupéfiants a explosé en 2024 à Paris (29 799 mis en cause, +51,2%). Le Ministère de l’Intérieur y voit également un effet JO du fait de « la mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité intérieure » lors de l’évènement. Le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants enregistrés par les services de sécurité augmente nettement (4 888 mis en cause, +6,2%).
JO de Paris 2024 : des effets limités sur la délinquance
Du 26 juillet au 11 août et du 28 août au 8 septembre 2024, la France a accueilli les Jeux olympiques et paralympiques (JOP). Les épreuves olympiques se sont déroulées notamment en Île-de-France.
Plusieurs indicateurs de délinquance enregistrée ont surtout diminué en zone « JOP – Île-de-France ». C’est le cas des vols avec ou sans violence qui y ont très fortement baissé tandis que ces baisses ont été plus mesurées en zone « hors JOP », note le ministère de l’Intérieur. Les cambriolages de logement ont aussi fortement reculé en zone « JOP – Île-de-France ». C’est également le cas des destructions et dégradations volontaires qui ont diminué en zone « JOP – Île-de-France » contrairement au reste du territoire où les évolutions sont plus disparates.
À l’inverse, en zone « JOP – Île-de-France », l’usage de stupéfiants connaît une hausse
beaucoup plus importante, notamment en juillet et août, qu’en zone « JOP – Province » et « hors JOP ». Pour ces deux mêmes mois, les outrages et violences contre personnes dépositaires de l’autorité publique sont en augmentation sur les zones JOP (respectivement de 11 % et 5 % en zone « JOP – Île-de-France ») alors qu’ils sont stables en zone « hors JOP ». Pour le ministère de l’Intérieur, « ces hausses sont notamment liées au renforcement des forces de sécurité autour des sites accueillant des épreuves ».
Enfin, le nombre de victimes enregistrées pour violences sexuelles commises au cours de la période augmente en juillet et août par rapport à 2023, et plus particulièrement en zone « JOP- Île-de-France ». Par ailleurs, les coups et blessures volontaires augmentent de façon similaire entre les deux zones JOP tandis qu’en zone « hors JOP », ces augmentations sont moindres.
Les crimes en recul dans la capitale
Dans ce contexte, on se satisfera de voir certains indicateurs fortement reculer. C’est le cas des diverses catégories de vols, des cambriolages ou encore des destructions et dégradations volontaires.
Les coups et blessures volontaires, que ce soit au sein de la famille ou en dehors sont, de leur côté, en léger recul alors même que leur nombre s’est accru pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, note le ministère de l’Intérieur.
Si plus de 24 000 personnes ont été victimes d’escroqueries, celles-ci sont malgré tout en recul (-6,2%).
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