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ces automobilistes bloqués sur l’autoroute témoignent

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Une longue file de voitures, bloquées sur l’A41 au nord de Grenoble.

Alors qu’au niveau de Meylan, forces de l’ordre et secours étaient à pied d’œuvre une bonne partie de la journée du mercredi 12 mars à la suite d’une fusillade mortelle, les automobilistes engagés sur l’autoroute ont dû prendre leur mal en patience.

Car pour réaliser les premières constatations et évacuer le corps de la victime, la circulation sur l’A41 a dû être complètement stoppée dans les deux sens.

« Beaucoup d’attente et de galère »

Jean-Baptiste fait partie de ces automobilistes coincés. « Je revenais d’une visite à Grenoble. J’ai emprunté l’autoroute pour rentrer chez moi, à Crolles. » En rentrant sur l’A41, aux alentours de 10h50, « je vois un camion des services techniques de l’autoroute qui se met en place », mais sans signalisation précise.

J’avance encore de 400-500 mètres, et je vois des voitures arrêtées. Je me dis que c’est peut-être un accident ou un entretien de l’autoroute, mais que ça devait être quand même un gros truc.

Jean-Baptiste, automobiliste coincé sur l’A41

Même mésaventure pour Pascale, nourrice. Elle « quitte le muséum de Grenoble à 10h40 » avec l’enfant dont elle a la garde et s’engage sur l’A41 pour rejoindre son domicile, à Villard-Bonnot. Moins de 10 minutes après son départ, elle se retrouve « bloquée ». « C’était vraiment beaucoup d’attente et de galère », souffle la nounou.

Ils apprennent la fusillade à la radio

L’un comme l’autre ne s’imaginent pas du tout qu’une fusillade a eu lieu une dizaine de minutes plus tôt, un peu plus loin sur l’autoroute. Ils allument alors la radio pour tenter d’en savoir plus, n’étant pas des témoins directs du drame.

« Au début, j’entends un message feutré qui dit que l’autoroute est coupée », rembobine Jean-Baptiste. Ce n’est qu’une dizaine de minutes plus tard que des précisions sont apportées : c’est une fusillade qui a provoqué la fermeture de l’A41, faisant un mort.

« Le commentateur expliquait que ce fait est rarissime sur les autoroutes alpines, qu’il ne l’avait jamais vu en 30 ans de carrière », ajoute Pascale.

« Il y avait comme un arrêt sur image »

Commence alors une longue attente où les deux naufragés de la route voient passer plusieurs voitures banalisées et de secours.

« J’ai été bloquée de 10h50 à 12h30 sur l’autoroute, précise Pascale. Je n’avais qu’une gourde d’eau. Sur l’autoroute, j’ai demandé à mes voisins s’ils avaient quelque chose à grignoter pour le petit, mais rien. On a patienté jusqu’à l’arrivée à la maison. »

Idem pour Jean-Baptiste, qui suit en même temps les informations sur internet et sort de son véhicule pour échanger avec d’autres automobilistes. « Il y avait comme un arrêt sur image. Certains ont essayé de voir ce qu’il se passait plus loin. » 

Trois heures de route

Jean-Baptiste mettra au final 3 heures pour rentrer chez lui, « au lieu de 20 minutes habituellement ». Car une fois que le feu vert a été donné pour évacuer les automobilistes en leur faisant faire demi-tour sur l’A41, il a fallu emprunter le réseau secondaire, rapidement bondé.

« Voyant que les routes secondaires étaient saturées, je suis rentrée par les Balcons de Belledonne : 25 km au lieu de 8 km », chiffre Pascale, qui n’arrivera qu’à 14 heures chez elle. 

Tous deux s’estiment tout de même chanceux de ne pas avoir été témoins de la fusillade. « Je ne sais pas comment j’aurais réagi. J’aurais certainement eu peur, concède Jean-Baptiste. J’ai vu l’interview d’une femme qui a vu le corps. On ne voyait que sa main tremblante quand elle parlait… » 



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