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ces anciens patients de l’Indre font partie des centaines de victimes

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Plusieurs habitants du département de l’Indre figurent parmi les centaines de parties civiles constituées au procès de Joël Le Scouarnec, qui a démarré ce lundi 24 février 2025 à Vannes devant la cour criminelle départementale (CCD) du Morbihan

Opérée à l’âge de 10 ans par Joël Le Scouarnec

XXX – qui habitait à l’époque à Saint-Genou (Indre) et qui a déménagé depuis à Buzançais (Indre) – avait en effet été opérée à l’âge de 10 ans par le chirurgien à la clinique de la Fontaine de Loches (Indre-et-Loire). Joël Le Scournec avait alors consigné de sordides détails dans son répertoire informatique.

« Tu ne te laissais pas faire, mais j’insistais… », avait aussi écrit l’ancien médecin dans cet inqualifiable « journal intime » de l’année 1990, après avoir demandé à la fillette si elle avait « des brûlures en faisant pipi ». « Comme j’aurais aimé me déshabiller »… avait regretté Joël Le Scouarnec. « Mais c’est interdit. Au revoir, petite XXX. Je t’aime. »

Trente-cinq ans plus tard la petite victime retrouve le médecin

Ce n’était effectivement qu’un au revoir, puisque cette femme âgée aujourd’hui de 45 ans s’est constituée partie civile à son procès : elle « ne se remémorait pas avoir vu le médecin » et « ne connaissait pas son nom » avant que sa mère « ne lui dise qu’il s’agissait de Joël Le Scouarnec (…) après avoir entendu parler des affaires judiciaires le concernant aux informations ».

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L’habitante de Buzançais avait confié à cette occasion avoir « des difficultés dans sa sexualité » depuis qu’elle est adulte mais qu’il n’était « pas possible » que Joël Le Scouarnec ait « commis les faits » qu’il avait lui-même décrits puisqu’elle n’était « jamais seule » dans sa chambre d’hôpital : sa mère et sa grand-mère prenaient alternativement le relais de sa garde.

Toutefois la fillette était bien « seule de la fin d’après-midi jusqu’au lendemain matin », l’avait contredite sa mère, qui n’avait « dormi avec elle que la première nuit » à l’hôpital de Loches. Pour le reste, elle revenait au chevet de sa fille « après avoir déposé ses autres enfants à l’école à 8h15 » puis « repartait à 16h afin de les y récupérer », avait-elle précisé aux gendarmes. Et la grand-mère ne venait quant à elle que les journées où elle ne pouvait pas être présente, avait expliqué la mère de XXX aux enquêteurs.

Déjà des agressions sexuelles de la part de sa nourrice

Surtout, la mère de la quadragénaire de Buzançais avait « confirmé » que sa fille avait « subi des agressions sexuelles de la part de sa nourrice » quand elle n’avait alors que « 3 ou 4 ans ». Elle avait bien voulu porter plainte quand sa fille les avait révélées, à l’âge de 12 ans, mais on lui avait alors dit que « les faits étaient prescrits »…

Dans ces conditions, l’évocation de la révélation des faits devant la juge a provoqué une « montée émotionnelle » chez XXX, qui avait d’abord « ralenti son débit verbal » jusqu’à un « silence suivi de larmes ». 

Ce viol révélé (…) semble venir réactiver un viol ancien dont elle a une conscience et connaissance floue. Ses sentiments sont ceux d’une instrumentalisation de son corps, d’un dépersonnalisation face à une personne excessivement centrée sur elle-même dans son plaisir projeté sur l’autre.

Psychologue évoquant ces faits

D’autres jeunes victimes de cette clinique d’Indre-et-Loire

Interrogé sur ces faits, Joël Le Scouarnec avait trouvé « vraisemblable » qu’il en ait commis « une bonne partie » mais réfutait toute « pénétration intravaginale ». « On ne peut pas introduire de force, sans blesser, son doigt dans un orifice vaginal d’une enfant de 10 ans, c’est incompatible », assurait l’ancien médecin aux gendarmes. « Cela serait au prix de souffrances insupportables. Je ne voulais pas ça, ce n’était pas mon but. »

Mais XXX n’avait pas été sa seule victime, loin s’en faut : XXX habitait Cléré-du-Bois (Indre) quand elle avait elle aussi été hospitalisée à l’âge de 11 ans pour une appendicite à la clinique de la Fontaine de Loches.

Cette habitante de Châtillon-sur-Indre (Indre) avait pour sa part « une des plus belles vulves de petites filles que j’ai jamais vues », s’était émerveillé Joël Le Scouarnec dans son terrible journal intime de l’année 1992 avec d’inqualifiables détails.

Une plainte touchée par la prescription

La psychologue qui avait entendu la plaignante avait relevé chez cette femme de 43 ans « un aspect hypocondriaque important », comme en témoigne « le récit de la longue liste de ses pathologies passées depuis son enfance ». Un « nombre non négligeable de pathologies (…) de la sphère uro-génitale » y figurent, avait-elle fait observer. « Si Mme XXX n’a aucun souvenir conscient du viol qu’elle a subi, il apparait très clairement que son inconscient en porte des traces mnésiques », concluait la psychologue.

Pour sa défense, Joël Le Scouarnec a dit « ne pas savoir » s’il avait décrit « une réelle pénétration ou une caresse appuyée » ; il « doutait » par ailleurs avoir pu procéder à un « toucher rectal » de la fillette…

Une autre jeune femme, XXX, habitait elle aussi à Châtillon-sur-Indre à l’époque et avait porté plainte contre lui : cette femme – qui a déménagé depuis à Poulaines (Indre) – s’était présentée spontanément à la gendarmerie après que « sa mère a lu un article concernant Le Scouarnec dans un journal » et qu’elle s’était « souvenue que l’intéressé l’avait opérée » en décembre 1986. Elle « ne se souvenait pas » d’avoir subi des « gestes déplacés » de la part de ce médecin « froid » et « distant » mais avait malgré tout tenu à porter plainte. « Ces faits étaient intégralement prescrits » avait toutefois tranché la chambre de l’instruction dans un arrêt rendu le 9 décembre 2022.

« Comme j’aurais aimé être seul avec lui »

Enfin, un habitant de Palluau-sur-Indre est parmi les parties civiles : XXX était un adolescent de 16 ans « pas très beau » quand Joël Scouarnec l’avait opéré au centre hospitalier de Jonzac (Charente-Maritime) d’une péritonite. Les détails du journal du praticien sont tout aussi sordides à propos de cet habitant de Palluau-sur-Indre âgé aujourd’hui de 30 ans.

« Comme j’aurais aimé être seul avec lui »… Interrogé, le jeune homme avait dit aux gendarmes « ne pas se souvenir » de ce praticien, tout comme sa mère qui était venue à son chevet : elle « connaissait le nom » de Joël Le Scouarnec uniquement parce qu’il avait fait « la Une de la presse ». Elle s’était aussi souvenue que son fils avait « perdu du poids à la suite de cette hospitalisation ».

Le procès doit durer environ quatre mois.

G.F. (PressPepper pour actu Orléans)



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