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ce qu’on lui reproche vraiment

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Un ancien adjoint de Mantes-la-Jolie, Amadou Daff, a été arrêté pour détournement de fonds publics dans la matinée du mercredi 2 avril 2025. Après 48 heures de garde à vue dans les locaux de la police judiciaire, l’homme a été déféré dans la matinée du vendredi 4 avril au tribunal de Versailles, comme le relate Europe 1. Il devrait être placé sous contrôle judiciaire dans la soirée.

Que lui reproche-t-on précisément ? Voici les principaux éléments du dossier que 78actu a collectés depuis le début de la garde à vue.

La justice lui reproche d’avoir détourné la somme précise de 545 193,68 euros au préjudice de l’association nommée Collectif mantais de médiation (CMM), dont il était le directeur. Et ce, entre le 1er novembre 2014 et le 1er mai 2022. Le CMM agit dans le domaine de l’action sociale à la demande. Elle est financée par l’État et la mairie de Mantes-la-Jolie.

Selon l’enquête, Amadou Daff aurait notamment utilisé cet argent pour son train de vie personnel. Il aurait tout simplement encaissé des chèques sur son propre compte et réparti des sommes vers ses proches. On parle de plus de 270 chèques. C’est au début de l’année 2023 que le parquet avait reçu un signalement, issu d’un audit d’experts-comptables. Ce qui a déclenché l’enquête.

Qui est-il ?

Amadou Daff avait posé une démission forcée de son poste au conseil municipal, en 2024, au sein du groupe d’opposition Mantes unie pour tous. Élu depuis 2014, sous Michel Vialay puis Rapahaël Cognet, il avait été démis d’office de ses fonctions par la justice en raison de son absence « sans excuse valable », le 9 juin 2024, comme assesseur dans les bureaux de vote. C’était à l’occasion des élections européennes. La procédure le visant avait été initiée par la majorité municipale elle-même.

C’est l’actuel président du Département, Pierre Bédier, qui l’avait alors remplacé. Les deux hommes avaient, en 2019, effectué un voyage au Sénégal au nom du Département pour soutenir des projets locaux.

Âgé de 60 ans, jouissant d’une bonne réputation, l’homme est une figure de la communauté sénégalaise en France. L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, l’avait désigné comme ambassadeur itinérant et coordinateur en France de son parti, l’Alliance pour la République.

Un peu moins de 10 ans de virements

Dans la prévention, Amadou Daff est également accusé d’avoir dissimulé cet argent en « réalisant de novembre 2014 à avril 2025, des virements sur le compte de son épouse et sur des comptes au Sénégal, en retirant de fortes sommes d’argent en numéraire et en plaçant ces sommes dans des biens mobiliers et immobiliers. » Les retraits dépassent les 264 000 euros. Cela s’appelle du blanchiment.

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Questionné par les policiers sur ses voyages, ses remboursements anticipés de prêt immobilier, l’homme a donné sa version : il aurait été obligé d’avancer des fonds pour des déplacements professionnels au Sénégal. Les 50 000 euros versés en un an pour réduire la durée de son échéance seraient, selon lui, le bénéfice de ses revenus, ce qu’il appelle le « cumul de casquettes : dirigeant du CMM, maire adjoint, ambassadeur itinérant et conseiller communautaire. Cela me permettait de cumuler plusieurs salaires. » Salaires qui lui auraient aussi permis d’épargner et de souscrire au moins une assurance vie.

Pour aider son père malade et la communauté

Questionné sur le départ de fonds vers le Sénégal, Amadou Daff a soutenu qu’ils servaient à « soutenir son père gravement malade. Cela coûte très cher là-bas. Et comme le système bancaire n’est pas très bien étendu, c’est plutôt le cash qui circule. » Cash qui aurait été géré par un cousin.

Avec des espèces, il aurait également entrepris d’aider certaines personnes. Ou encore d’acheter « une voiture d’occasion en France pour la ramener au Sénégal. Je n’ai pas de véhicule là-bas. »

Devant les enquêteurs, Amadou Daff n’a que partiellement reconnu les accusations.

« Je ne parle pas de détournement, je vous laisse ce qualificatif. Bien sûr que cela me gêne. Et si c’était à refaire, je ne le referais plus jamais. J’ai fait des bêtises. »

Amadou Daff, durant son interrogatoire

« Ce n’était pas pour m’enrichir personnellement, mais c’était pour aider la communauté. » Il a farouchement nié avoir agi de la même manière dans le cadre de deux autres associations dans lesquelles il était engagé. Concernant les chèques encaissés sur son compte joint, il a assuré de plus se souvenir. Mais que cela avait été « possible ».

Contactée, son avocate Julie Lehut n’a pas souhaité s’exprimer sur ce dossier, estimant que la retenue était de mise. Elle a insisté sur le fait que « la présomption d’innocence devait s’appliquer. Mon client répondra devant la justice. » La date du procès a d’ailleurs été fixée au 23 juin 2025.

Également placés en garde à vue, son épouse et un commissaire aux comptes auraient été remis en liberté, sans poursuite particulière.



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