Le Stade Langonnais est en deuil. Le club de Langon (Gironde) vient de perdre l’un des siens. Bruno Sourillan, légendaire Rouge et Blanc, entré dans l’histoire avec ses coéquipiers en devenant champion de France (1982), est décédé à l’âge de 69 ans.
C’est le cœur lourd, « avec une immense tristesse », que le Stade Langonnais a annoncé sa disparition, mardi 25 février 2025.
Bruno Sourillan était un enfant du Stade. Un de ceux qui ont grandi au pied du pin franc trônant à Comberlin, antre mythique de Langon. « C’était un joueur, un gagneur, un homme avec du tempérament », raconte Jean-Yves Mouline, ami proche et ancien coéquipier avec qui il avait conquis le précieux Bouclier, face à Rieumes (12-0) sur la pelouse de Montauban en 1982.
Un compétiteur dans l’âme
« Bruno, il était un brin râleur », avoue volontiers le capitaine de l’époque, l’iconique Franck Sauboy : « Il marmonnait toujours. Quand on gagnait, ça allait, mais quand on perdait, aïe, aïe aïe ! »
Si Bruno Sourillan « râlait », c’est parce que la défaite le répugnait au plus haut point. Compétiteur né, celui qui a porté le maillot de l’équipe de France juniors et de l’équipe de France militaire n’avait qu’une obsession : la victoire. « On était tous les deux des gagneurs, confirme son jumeau, François. Il nous est arrivé de pleurer après une défaite. »

Bruno Sourillan, « profondément attaché au Stade Langonnais »
Placé à l’ouverture ou à l’arrière, selon la tactique mise en place par l’entraîneur, Bruno Sourillan n’était jamais bien loin de son frangin. Le Stade Montois avait les frères Boniface. Le Stade Langonnais avait les frères Sourillan.
« Avec son frère, ils n’avaient pas tout à fait la même façon de jouer, se rappelle Philippe Plagnol, président du Stade Langonnais en 1982. Mais ils avaient un point commun : ils étaient très sûrs. Bruno était très sécurisant sur les ballons hauts. Jamais un en-avant ! Ils se complétaient bien. »
« Sécurisants », donc, mais aussi « un peu rugueux » selon Franck Sauboy : « Quand les frères Sourillan te mettaient un coup d’épaule dans le buffet, tu t’en souvenais. »
Il a fait presque toute sa carrière à Langon, à l’exception d’une saison au CA Béglais. Il était profondément attaché au club

« Il a tout donné au club de Langon », résume Philippe Plagnol. Seule infidélité aux Rouge et Blanc, donc, en 1977 lorsqu’il prend la direction de Bègles, avec son frère. Bruno Sourillan y reste un an pour revenir finalement en Sud-Gironde tandis que son frère part du côté de Bergerac. « À cette époque-là, on a même joué l’un contre l’autre, se souvient François. Mais on ne s’est pas trop croisés sur le terrain. »
Une vie à Langon
Depuis toujours, c’est un amour viscéral que Bruno Sourillan porte à la tunique Rouge et Blanche, mais plus largement à sa ville, Langon pour laquelle il avait travaillé, jusqu’à sa retraite, en tant qu’employé municipal. « C’était un vrai Langonnais », insiste Jean-Yves Mouline.
Nés de parents marchands de primeurs, Bruno et François Sourillan ont habité quelques années place de l’Horloge (« on jouait à la pelote basque dans la cour de l’ancienne mairie ») avant de déménager près du stade de rugby. Le destin, sans doute.
De longues heures passées au stade Comberlin
« Ça nous convenait, sourit François. Après l’école, on balançait les sacs derrière la haie et on allait au stade. » Là, les frangins passent des heures à taper dans le ballon, à parfaire leur geste… Des coups de pied, encore et encore.
Pas un hasard si, bien des années plus tard, en finale du championnat de France, François inscrit un drop et Bruno une transformation et une pénalité.


Un coup de pied légendaire
Les plus anciens, ceux qui ont côtoyé Bruno Sourillan, gardent justement en mémoire sa précision dans le jeu au pied et cette frappe de mammouth ; deux caractéristiques dont semblent avoir hérité Matthieu et Morgan, ses fils, qui ont, eux aussi, marqué l’histoire du Stade Langonnais des années après leur paternel.
« À l’époque, souligne Jean-Yves Mouline, Bruno pouvait passer des pénalités de 50, voire 60 mètres, avec un ballon en cuir qui devait peser une tonne… Et sans tee. »


Un amoureux de Comberlin
Une fois retiré des terrains, à plus de quarante ans, Bruno Sourillan n’a pas déserté Comberlin pour autant. Fidèle parmi les fidèles, il a accompagné les générations futures depuis la main courante. Sans jamais en perdre une miette. « Bruno avait une mémoire exceptionnelle, révèle Jean-Yves Mouline. Il connaissait le nom des arbitres, des joueurs qu’on avait affrontés, se rappelait de tous les scores. »
Aujourd’hui, on a une certitude. À Comberlin, et dans tout Langon, ceux qui l’on connu n’oublieront pas Bruno Sourillan.
À la famille et aux proches de Bruno Sourillan, l’équipe du Républicain Sud-Gironde présente ses plus sincères condoléances.
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