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Bruno Retailleau vient présenter son plan de lutte contre l’immigration en Seine-et-Marne

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Oltim… cinq lettres d’un acronyme méconnu du grand public, qui signifie Office de lutte contre le trafic illicite de migrants. Le siège de cet office, situé à Lognes, en Seine-et-Marne, recevait la visite du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, et de son homologue chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, vendredi 7 février 2025.

Ils ont pu ouvrir la première Certim, pour Cellule d’échange de renseignement sur le trafic de migrants, avant de présenter le plan de « lutte à 360 degrés » de l’État contre l’immigration irrégulière.

Une criminalité organisée

« Une criminalité organisée, un trafic lucratif et plein développement ». C’est ainsi que Xavier Delrieu, le directeur de l’Oltim, parle du trafic de migrants, qui fait rage en Europe.

Au cours de leurs nombreuses investigations, les enquêteurs de l’Oltim voient énormément de situations délicates, parmi lesquelles on compte nombre d’atteintes aux personnes.

Les victimes ? Les migrants, eux-mêmes. Racket, séquestration, viols ou encore tortures sont pratiqués, et parfois filmés, pour demander des rançons aux familles. D’autres sont exploités, comme réduits en esclavage, et sont forcés de travailler dans des commerces, voire dans des cannabicultures ou même à trafiquer.

Les violences physiques ne s’arrêtent pas là. « Certains passeurs frappent des familles avec des bâtons lorsqu’elles refusent de monter à bord d’un bateau, en voyant que la mer est dangereuse », assure Bruno Retailleau. Il parle même, lors de son point presse, de « réseaux criminels hyperviolents qui utilisent des techniques de guerre ».

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Les bateaux, justement, peuvent représenter un vrai danger pour ceux qui embarquent à leur bord, mais sont une vraie source d’argent pour les passeurs.

Un bateau peut représenter un bénéfice net de 100 000 euros par traversée pour les passeurs.

Xavier Delrieu, directeur de l’Oltim

À bord de ces embarcations de fortune, qui parfois n’ont pas de fond solide, ce sont pas moins de quatre-vingts personnes qui s’y entassent. La pandémie de Covid-19 et le confinement ont changé la donne. « Avant, on observait plutôt des montées sur des aires d’autoroutes, la nuit, avec dix ou vingt migrants. Il était plus difficile de circuler pendant le Covid, donc le small boat s’est développé », poursuit-il.

Ces funestes embarcations ont d’ailleurs coûté la vie à 78 personnes, qui tentaient de traverser la Manche, en 2024.

Mais ce n’est pas tout. Au cours de ses affaires, l’Oltim est aussi confronté à la fraude documentaire, et travaille en collaboration avec de nombreux autres services de l’État. Parfois, un faux document d’identité peut être vendu 500 euros. « On voit d’anciennes cartes d’identité. Qu’en est-il des nouvelles ? », s’interroge Amélie de Montchalin, devant une présentation de quelques pièces. A priori, mieux protégées contre la fraude, elles ne sont pas copiées.

Sur les tables, on voit aussi des compteuses de billets, ou des objets de luxe, sous scellés. Ces sacs haut de gamme peuvent servir de monnaie d’échange. Des armes sont aussi montrées : les réseaux deviennent violents, et des règlements de compte peuvent avoir lieu.

Le trafic de migrants est multiforme, et s’organise de plus en plus, jusqu’aux moyens de paiements des passeurs : certains demandent des versements en cryptomonnaies, par exemple.

Une lutte à 360 degrés

« On a une immigration irrégulière, des filières de plus en plus violentes et dangereuses. Il faut que cette lutte change de dimension, que l’on puisse changer d’échelle et que l’on ait plus de résultats encore », estime Bruno Retailleau, qui a ensuite détaillé différentes propositions visant à améliorer cette « lutte ».

Pour lui, « une grande part de l’immigration irrégulière est contrôlée par une filière criminelle », qui n’hésite pas à réduire les migrants en « esclavage », et à utiliser des femmes dans des réseaux de prostitution.

Après avoir évoqué les « nouvelles sanctions » votées avec la loi dite « Immigration » de janvier 2024, il a annoncé que 269 filières ont été démantelées en 2024, ce qui représente « 1 066 gardes à vues, dont 217 par la Police aux frontières ». « Près d’un tiers de l’immigration irrégulière en Europe aboutit chez nous, pour le passage de la Manche, pour aller en Angleterre, au Royaume-Uni. Je pense que cette lutte doit changer de dimension, pour que l’on puisse déployer une nouvelle stratégie qui va s’appuyer sur de nouveaux moyens », estime Bruno Retailleau, qui compte développer une « lutte à 360 degrés ».

Pour cela, la Certim associe tous les services de l’ensemble des ministères pour mettre en commun des renseignements « dans une stratégie commune ». Des déclinaisons territoriales de la Certim verront le jour.

De plus, il faudra s’approprier les nouvelles technologies comme la lecture des plaques d’immatriculation, « et se mettre à niveau », mais aussi mieux collaborer avec les autres états de l’Union européenne.

En outre, une task force financière va être mise en place grâce aux moyens de Tracfin, le service du renseignement financier de Bercy « pour bloquer et saisir les avoirs criminels », indique Amélie de Montchalin.



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