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Braquages, home-jackings.. Dans les coulisses de la mythique brigade de répression du banditisme de Paris

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Un demi-siècle d’existence jalonné par les hold-up et les larcins d’envergure. Le 27 janvier 2025, la brigade de répression du banditisme (BRB) de Paris a soufflé ses 50 bougies. Cette unité d’élite de la police judiciaire de la préfecture de Police, spécialisée dans la grande délinquance, est appelée sur les vols en tous genres commis dans la capitale et sa petite couronne. Pour actu Paris, son patron nous raconte son fonctionnement et nous révèle les défis que représente une délinquance en constante évolution.

Une brigade née dans la rue

S’il y a bien une chose qui définit la brigade de répression du banditisme, c’est le travail de terrain constant. À l’origine, l’unité se nommait la brigade de voie publique, créée en 1894. Son but : traquer les voleurs au milieu des rues grouillantes du Paris de la Belle Époque et les pincer en flagrant délit.

Même si, en 1975, le nom a changé pour devenir BRB, la méthode reste globalement la même. « Pour faire simple, on s’occupe de tous ceux qui commettent des vols, allant du braqueur aux pickpockets du métro. Le plus gros volume de notre activité, ce sont les vols avec effraction », détaille le chef de service. Sur la petite centaine d’agents qui composent la brigade, la moitié fait du travail dit d’initiative : « On traque des équipes bien organisées. Le but, c’est de les repérer, les prendre en filature un certain temps, et les interpeller lorsqu’on a suffisamment d’éléments pour qu’ils soient jugées et lourdement condamnées. »

« Terrain » et « initiative ». Tels sont les maîtres mots de ces enquêteurs sélectionnés pour leur expérience et leur connaissance des procédures. Ces derniers peuvent agir à l’instinct, mais aussi grâce à un réseau d’informateurs variés, les fameux « tontons », comme on les appelle dans le jargon : « Ça va du concierge un peu bavard à l’informateur pur et dur », relève le chef de la BRB.

« Je peux mobiliser 60 agents en moins d’une heure »

L’autre moitié du travail de la brigade fonctionne sur saisines, c’est-à-dire après la commission d’un délit ou d’un crime. Dans les affaires d’envergure, le parquet fait appel à la BRB. 

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On n’est pas plus intelligents que les autres, mais nous sommes un groupe spécialisé qui peut être mis sur pied très vite. Dans un gros dossier, je peux mobiliser 60 agents en moins d’une heure. Nous pouvons aussi nous faire aider par d’autres brigades de la PJ comme la BRI. C’est la force de la préfecture de Police de Paris.

Le patron de la BRB

Car il arrive que face aux enquêteurs se trouvent des pointures du grand banditisme aux techniques affûtées : « Ils savent agir sans laisser de traces. Ils ne nous facilitent pas la tâche, et nous n’avons qu’un seul moyen pour les stopper : être plus intelligents qu’eux. » Des centaines d’heures d’investigations sont souvent nécessaires pour mettre la main sur les malfaiteurs : « Il faut réussir à agir vite, car les indices peuvent disparaître, d’où l’importance d’être nombreux sur place. »

Les vols à main armée, une pratique en voie d’extinction ?

Parmi les affaires traitées par la brigade, il y a les braquages. C’est la spécialité du groupe vols à main armée (VMA). « Il traite tout ce qui tourne autour du billet : les attaques de banque, de techniciens de distributeurs ou encore de convoyeurs de fonds », égrène le chef du service.

Cette dernière pratique a connu son apogée au début des années 2000 : « Il y avait une attaque tous les quinze jours. Les convoyeurs étaient très peu protégés. Il était très difficile de retrouver l’argent, car il changeait de main en quelques heures. En décembre 2000, on avait quand même réussi à récupérer une partie du butin après une attaque à Gentilly [Val-de-Marne]. Un témoin en voiture passionné de vitesse avait pris en chasse la bande jusqu’à leur repaire.»

Aujourd’hui, les vols à main armée font de plus en plus partie du passé, avec des braqueurs aux cheveux blancs. La sécurité des banques et des transporteurs de fonds s’est renforcée avec le temps et la circulation de l’argent liquide s’est aussi amoindrie. Pour gonfler les comptes, le narcotrafic est davantage prisé dans le milieu du banditisme. « Le groupe VMA travaille maintenant beaucoup sur le trafic d’armes. C’est un marché très restreint, mais il est utilisé dans le milieu de la drogue pour sécuriser les points de deal. Les armes sont soit volées à des collectionneurs, soit récupérées via d’anciens pays en guerre comme les Balkans. »

Bijoux et œuvres d’art : cibles des braqueurs

Si les chasseurs de talbins se font plus discrets, les bijouteries restent encore souvent victimes des braqueurs avides de clinquant. Là aussi, un groupe spécialisé, celui des enquêtes générales, pourchasse les amateurs de carats. Récemment encore, une équipe a été interpellée après deux vols à la voiture bélier commis contre une boutique Louis Vuitton à Saint-Germain-des-Prés (6e).

Une autre équipe a pour spécialité les œuvres d’art. Peintures, sculptures et bibelots sont aussi prisés pour leur grande valeur. « Nos agents bien implantés dans le milieu artistique, en relation avec les galeristes et les musées. Les affaires peuvent être des vols commis chez des particuliers, car les œuvres sont moins connues et donc plus facilement revendables. Dans les musées, la sécurité a évolué, mais ça n’empêche pas les vols », nous détaille le patron de la BRB, évoquant le braquage commis en plein jour au musée Cognacq-Jay (3e), en novembre 2024.

Le phénomène glaçant des home-jackings

Un autre type de larcins occupe les effectifs de la BRB ces derniers temps, celui des home-jackings. Ces cambriolages avec violences dans les habitations ont défrayé la chronique, avec plusieurs personnalités médiatiques victimes, comme Vitaa ou Anne-Sophie Lapix. Sans être en réelle augmentation, le phénomène change de forme : « Avant, on appelait ça un saucissonnage, et c’était pratiqué dans le milieu du grand banditisme. Aujourd’hui, ce sont davantage de jeunes mineurs qui sont commandités. À chaque affaire, on rencontre des gens nouveaux. Il faut sans cesse réinventer la poudre. »

Délinquance itinérante et coopération internationale

Un autre enjeu pour la brigade est d’affronter des réseaux qui se sont mondialisés au fil des décennies, car, comme l’explique son chef, la délinquance itinérante est la plus présente sur notre territoire. Cette dernière peut être causée par des réseaux étrangers, comme les groupes sud-américains spécialisés dans les vols par effraction : « La coopération internationale est très importante. Nous avons de très bonnes relations à l’échelle européenne, mais aussi avec l’Amérique du Sud », rassure le patron de la BRB.



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