Le climat entre antifascistes et militants d’extrême droite se tend encore à Albi (Tarn). Mardi 18 mars 2025, en marge des élections à l’INU (Institut national universitaire) Champollion, il y a eu des affrontements. Le RN dénonce l’extrême gauche.
Le 18 mars 2025 donc, se sont déroulées les élections pour le renouvellement des représentants aux conseils centraux de l’établissement. « Ce temps fort de la vie démocratique à l’université a été marqué par des faits d’agressions et de violences absolument incompatibles avec les valeurs défendues par l’INU Champollion », a regretté l’université dans un communiqué.
Présence répétée de groupuscules radicaux
« La direction de l’établissement tient à condamner avec la plus grande fermeté ces agissements et déplore la présence répétée de groupuscules radicaux, sur ou aux abords du
campus, dont l’ingérence dans ces évènements et plus globalement dans la vie du campus ne peut être tolérée ».
« Face à ces dérives inquiétantes, l’établissement souhaite réaffirmer avec force son engagement en faveur d’une université ouverte, humaniste et plurielle où les savoirs, le dialogue et les débats d’idée sont des composantes essentielles de son identité et de son fonctionnement. L’établissement veillera avec la plus grande vigilance à assurer la sécurité de l’ensemble de ses étudiantes, étudiants et personnels », conclut l’INU.
Pas de blessés selon la police
Le RN s’est saisi de l’affaire pour pointer du doigt l’extrême gauche. Le conseiller municipal et ex-député d’Albi Frédéric Cabrolier affirme qu’il y a eu « plusieurs blessés ». « Selon nos informations, il n’y a pas eu de blessés », assure cependant la police à Actu Occitanie. Idem du côté du parquet, qui n’avait été saisi, jeudi 20 mars, d’aucune plainte.
D’autres faits
L’élu estime que la bagarre en question est une « nouvelle attaque de ces antifascistes qui sont en réalité les fascistes du XXIe siècle ». Elle visait selon lui des militants de la Cocarde, un syndicat étudiant d’extrême droite, lors d’un tractage devant l’université.
Il en profite pour dénoncer d’autres faits antérieurs. « Le 14 mars dernier un jeune militant patriote a été sauvagement agressé dans le hall de son immeuble par deux individus se revendiquant « Antifas », après été suivi jusqu’à son domicile suite à un tractage à l’université d’Albi », assure-t-il.
« Ces agressions contre des militants patriotes se succèdent en France et singulièrement à Albi, obligeant les étudiants de droite à s’organiser pour faire face aux violences d’extrême gauche dans l’indifférence générale des politiques locaux car les victimes sont des jeunes patriotes ce qui n’intéresse ni la presse locale, ni la gauche ni la majorité municipale albigeoise ».
L’ombre de Patria Albiges
La lecture n’est évidemment pas la même du côté de la gauche, qui dénonce les provocations à répétition du groupuscule extrémiste Patria Albiges, plusieurs fois condamné par le tribunal d’Albi.
Patria Albiges avait notamment fait parler de lui en écrivant en 2023 à l’entrée d’un parc : « Parc fermé – raison de fermeture : risque élevé de se faire poignarder – protégeons nos familles de l’immigration ». Depuis, les manifestations identitaires se multiplient.
Et l’université de Champollion est souvent au centre des crispations. En mars 2023, deux étudiants de l’université avaient été violentés. L’un de leurs agresseurs n’était autre que le porte-parole de Patria Albigès, Clément Carbolier, le fils de Frédéric Cabrolier. Il a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour ces faits.
Une manifestation contre le fascisme samedi
C’est dans ce climat tendu qu’une manifestation, prévue de longue date, est organisée « contre le racisme et le fascisme », samedi 22 mars à 11 heures, sur les Lices Pompidou devant la préfecture et le conseil départemental. Ce jour-là, c’est la Journée internationale contre le racisme.
Les organisations membres du collectif AEDT (Agir Ensemble Dans le Tarn), rejointes par les organisations syndicales CGT et FSU, estiment que « les prises de paroles de certaines associations mettront en évidence la situation dramatique des migrants, en particulier des MNA (Mineurs Non Accompagnés) que le département refuse systématiquement de reconnaitre mineurs et laisse donc à la rue et à la charge des associations. Mais celle aussi des familles expulsées, des salariés victimes de mauvais traitements ». « Si le RN a été bloqué en juin grâce à la mobilisation, il reste à l’affût et attend son heure alors que l’internationale fasciste intervient partout dans le monde », craint le collectif.
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