En novembre 2024, une femme qui approche de la quarantaine dépose plainte pour harcèlement contre son ex-conjoint et père de ses deux filles âgées de 10 et 12 ans. Un mois plus tôt, elle avait déjà déposé plainte à son encontre pour un viol. Une autre procédure est en cours pour ces faits d’une gravité tout autre.
24 ans de vie commune
En couple depuis 24 ans, les conjoints partagent leurs vies personnelles mais également professionnelles. Lui est patron pêcheur sur la côte du Trégor, elle s’emploie aux tâches administratives de ce travail.
Au printemps 2024, l’homme fait la connaissance d’une autre femme et entame une relation amoureuse avec elle.
L’infidèle trompé à son tour
Quelque temps plus tard, ayant appris cette infidélité, sa compagne en fait de même. Le prévenu ne l’admet pas, comme il l’a déclaré au cours de la procédure :
« Je ne supporte pas que quelqu’un d’autre la touche ».
Pour leurs filles, ils ont opté en commun accord pour une garde alternée en attendant une décision du JAF (juge aux affaires familiales). Les filles restent dans la maison où elles ont grandi et chaque semaine, ce sont les parents qui se cèdent la place à leurs côtés.
Une surveillance de tous les instants
Un jour de garde de la mère de famille, les filles sont absentes de la maison. L’homme arrive et fait une scène à son ex-compagne. Il la force à une relation sexuelle.
En parallèle, l’intéressé inonde la victime de messages, il lui dit qu’il la surveille, de jour comme de nuit. Elle a de toute façon déjà constaté qu’il la suivait régulièrement.
Il lui dit aussi qu’il va tuer son nouveau conjoint. Il reconnaît également avoir commis l’impardonnable.
Un amour plus que possessif
Au cours de l’audience du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc ce jeudi 13 février 2025, veille de Saint-Valentin, cet « amoureux possessif » est appelé à répondre de ses actes.
Lors de son dépôt de plainte, certains détails apportés par la victime reflètent les moments parfois compliqués qu’elle a dû vivre. Lorsqu’elle sortait seule, par exemple, il vérifiait sa tenue vestimentaire, jusqu’aux sous-vêtements qu’elle portait !
Un comportement » machiste «
La présidente de l’audience précise qu’il est difficile d’aborder le harcèlement dont il est question ce jour sans évoquer le viol également dénoncé. Elle indique au prévenu qu’en garde à vue il a eu des propos inquiétants et surprenants qui en disent long sur sa personnalité.
« De toute façon ça sera sa version contre la mienne ».
La magistrate lui demande la signification de cette autre déclaration : « Elle a dit non verbalement mais pas physiquement… » Cette question restera sans réponse.
Il reconnaîtle harcèlement
A la barre du tribunal, l’homme reconnait le harcèlement. Le ministère public l’interroge concernant un message qu’il a envoyé à sa fille le matin de sa convocation devant les gendarmes. « Pourquoi lui avoir dit, si je dors en prison ce soir, tu pourras dire merci à ta mère ? »
Le prévenu avoue qu’il n’aurait pas dû agir de la sorte. Ce magistrat requiert une peine de six mois d’emprisonnement assorti d’un sursis probatoire de deux ans comprenant diverses obligations et interdictions.
Huit mois de prison avec sursis
Après délibérations, le tribunal condamne cet homme de 40 ans, dont le casier judiciaire est vierge, à huit mois d’emprisonnement avec sursis simple. Il a interdiction d’entrer en contact avec la victime pour une durée d’un an.
Il devra également indemniser le préjudice moral de la victime estimé à la somme de 1 000 euros.
SK
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