Pas question pour le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes (AURA) dirigé par Fabrice Pannekoucke (LR) d’appliquer une nouvelle taxe sur les entreprises. Plusieurs régions dont AURA refusent de mettre en place le Versement Mobilité Régional (VMR), une taxe sur les transports en commun appliquée aux entreprises.
Ce Versement mobilité (VM), qui n’est pas obligatoire, était jusqu’alors payé par les entreprises de la région parisienne et des grandes villes et agglomérations, mais le budget de 2025 étend aux autres régions la faculté de lever cette taxe dont le plafond est fixé à 0,15% de la masse salariale.
Pas de « pression fiscale » en plus, défend la Région
Cette contribution versée par les employeurs publics et privés sert à financer les transports publics – trains TER, car interurbains et autres moyens de transport mis à la disposition des usagers.
« La région fera le choix des entreprises contre celui de la fiscalité », a déclaré la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans un communiqué. Le nouveau président du conseil promet qu’il n’y aura « ni augmentation de la dette, ni accroissement de la pression fiscale ».
Cette approche est d’autant plus contestable qu’une alternative évidente existait. Les Métropoles, dont celle de Lyon par exemple qui perçoit avec cette seule taxe plusieurs centaines de millions d’euros par an, bénéficient déjà du versement mobilité en percevant une taxe sur nos entreprises. Au lieu de proposer d’alourdir encore cette fiscalité, l’Etat aurait pu en flécher une part en direction des Régions qui sont autorités organisatrices des mobilités et en charge d’investissements majeurs.
« En alourdissant encore la fiscalité, l’État a manqué une occasion de construire un modèle soutenable et équitable. L’Etat se doit maintenant d’être à la hauteur des grands enjeux posés par nos territoires sans se défausser sur nos entreprises », attaque la Région.
Le Medef salue la décision, les écologistes pour cette taxe
Le Medef, principal syndicat patronal, a salué la décision de la Région également prise par la Normandie, les Hauts-de-France et Pays de la Loire.
Du côté du groupe Les Ecologistes à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, on dénonce le choix de Fabrice Pannekoucke. C’est selon l’opposition, « une décision unilatérale et incompréhensible, freinant le développement des mobilités, en particulier dans les territoires ruraux et périurbains ».
« Ce choix est d’autant plus inquiétant qu’il ne résulte d’aucune décision démocratique mais d’une action unilatérale, privant la Région d’une source de financements importante pour le développement des transports en Auvergne-Rhône-Alpes et semble contraire à ce qu’annonçait Frédéric Aguilera, Vice-Président délégué aux transports, en commission le 6 février », poursuivent les élus écologistes qui considèrent cette taxe mobilités « essentielle ».
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