Jeudi 6 mars 2025, Martine Aubry annonçait sa démission. Le maire de Lille, en poste depuis 24 ans, prend ainsi sa retraite politique. Dans son bilan adressé à la presse, elle a admis un grand regret : celui de ne pas avoir réussi à concrétiser le projet de la friche Saint-Sauveur. Les deux associations farouchement opposées au projet, PARC et ASPI*, confirment que le combat n’est pas terminé. « Aubry démissionne, pas nous ! », écrivent-elles dans une lettre publiée le 7 mars dernier.
« Nous avons toujours des actions juridiques en cours, ce n’est pas éteint »
Mardi 11 mars, au lendemain d’une assemblée générale à laquelle ont assisté quelques politiques (mais pas du PS), relate Bénédicte Vidaillet, de l’association PARC, les deux associations réaffirment leur position contre le projet porté par la Ville. « Nous avons toujours des actions juridiques en cours, ce n’est pas éteint », confie la représentante de PARC.
Un appel a été fait suite à la décision du tribunal concernant la loi sur l’eau. Les associations ont aussi lancé une procédure judiciaire, contestant une délibération de la MEL ayant fait suite à l’abandon de la fosse de plongée de la piscine.
« Pour une ville plus résiliente et agréable »
Depuis 10 ans, les opposants multiplient les mobilisations et recours pour que ce qu’entreprenait la Ville en lien avec la MEL sur ce site ne voit pas le jour. Et ils l’annoncent, ils sont « prêts à continuer dix ans de plus à [s’] opposer à tout projet du passé pour la friche Saint-Sauveur et à être force de proposition pour un grand espace de nature en ville, populaire et accessible à tous ! »
« Notre but est de proposer une alternative pour une ville plus résiliente et agréable pour les habitants », complète la représentante de PARC. En réaction au bilan de Martine Aubry, les associations écrivent dans leur lettre ouverte : « Ce qu [e Martine Aubry] ne comprend toujours pas, visiblement, et ne s’est jamais donné les moyens de comprendre, c’est que nous, associations, habitants, et gens de passage qui avons pris soin de cet espace depuis 10 ans, qui y avons planté, invité à la rencontre et échangé des savoirs et des solidarités, nous n’avons pas la même définition de l’intérêt général du projet au regard des enjeux d’écologie et de santé publique. »
Un site « où se jouent la qualité de l’air, l’accès à la nature et la gestion de l’eau »
« Si ça-et-là les rues se verdissent et les pistes cyclables s’allongent, ça ne peut être en contrepartie de la bétonnisation de Saint-Sauveur, là où se jouent la qualité de l’air, l’accès à la nature et la gestion de l’eau de plusieurs quartiers limitrophes et bien au-delà », poursuivent PARC et ASPI.
Pour rappel, en 2024, le chantier de la friche a été lancé, quelques mois après que le tribunal ait autorisé le projet d’aménagement. Alors que les travaux se poursuivent, les opposants croient encore en un autre Saint-Sauveur.
« La densification systématique comme argument environnemental d’autorité ne tient plus, même avec un mini-parc en lot de consolation lorsqu’il s’agit de privatiser le dernier espace foncier central de la ville. »
« Un enjeu fort pour les municipales »
Le collectif a les élections de 2026 en ligne de mire. « C’est clairement notre horizon. Saint-Sauveur est un enjeu fort pour les municipales », confirme Bénédicte Vidaillet. « On va interroger les personnes de toutes les listes, sur leur vision de Saint-Sauveur, qui sera révélatrice sur leur vision du futur de Lille. C’est 23 ha à faire évoluer, on l’espère, dans l’ère du temps. »
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