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Au Havre, ils utilisent de fausses ordonnances pour obtenir des produits dangereux en pharmacie

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Ce sont deux affaires qui ont été traitées comme une seule au tribunal du Havre (Seine-Maritime) mardi 25 mars 2025. À l’origine de cette histoire, un cocktail particulier, proche du purple drank, à base d’anxiolytiques, de psychotropes et de soda, dont la « recette » a pu être trouvée dans des clips de rap américains. Cette mixture ralentit le rythme cardiaque et rend les intéressés « mous », voire « comme des zombies »… Un jeu dangereux pour des vidéos postées sur Instagram.

« En allant au Havre, on s’arrêtait pour faire une pharmacie »

Deux hommes de 23 et 25 ans ont été jugés, et leurs petites amies de l’époque, aujourd’hui âgées de 24 et 23 ans, toutes deux accusées de complicité. Si les deux jeunes femmes étaient bien présentes à l’audience, les deux hommes en revanche n’ont pas été déplacés jusqu’au tribunal, l’un d’eux « alité », mais sans justificatif, l’autre empêché par sa détention.

C’est pourtant à ces deux-là que le tribunal a reproché les fausses ordonnances, les mensonges auprès des pharmaciens et la prise de mixture dangereuse.

Les ordonnances ont d’abord été achetées à des personnes rencontrées sur les réseaux sociaux. Puis, elles sont fabriquées en utilisant le nom du médecin de l’une des jeunes femmes, et celui d’un interne remplaçant. Les faux documents comportaient parfois des fautes d’orthographe ou des adresses non mises à jour. Certaines mentionnaient le nom de la maladie à traiter, brisant ainsi un potentiel secret médical.

On leur demande leur carte vitale ? Ils mentent et inventent un prétexte pour expliquer son absence et payer le médicament.

Les noms utilisés sont, eux aussi, volés ou inventés. En effet, les faux noms empruntés par les deux individus signifiaient en arabe : « Nous sommes tous des voleurs ». « On trouve ça drôle ? Ça le serait presque si ce n’était pas aussi grave », argue le président devant les deux jeunes femmes.

Elles deux n’ont servi que de transport aux jeunes hommes qui n’avaient pour leur part ni permis ni véhicule. « En allant au Havre, on s’arrêtait pour faire une pharmacie », racontent-elles. Une seule des deux femmes est entrée une fois dans une pharmacie à Saumur où elle faisait ses études, pour obtenir les produits illicitement. Elles affirment toutes les deux ne pas avoir consommé la boisson.

« Si quelqu’un meurt d’un cancer des poumons et que je l’ai accompagné à aller acheter des cigarettes… ? », glisse l’une d’elles. « Ici, on ne parle pas de cigarettes, mais de produits interdits », recadre le président.

Retrouvés grâce à la vidéosurveillance

C’est grâce à la vidéosurveillance – « puisque certaines caméras fonctionnent », souligne le président – que les hommes ont été reconnus. L’un des deux prévenus principaux était déjà dans les fichiers judiciaires pour des faits antérieurs. Les témoignages des pharmaciens, par deux fois, ont permis de comparer les photos. L’important nombre de lieux a compliqué le travail des enquêteurs.

Une trentaine de pharmacies auraient été concernées au Le Havre, à Montivilliers, à Lillebonne, à Bolbec, à Port-Jérôme-sur-Seine ou encore Rives-en-Seine, certaines pour escroquerie, d’autres pour une « tentative » suite à un refus de fournir le médicament demandé.

Les deux femmes, si elles connaissaient l’objectif de ces arrêts en pharmacie, n’avaient pas « d’intention de culpabilité » et ne semblent pas s’être rendu compte que le transport des deux hommes et de leurs produits interdits était en soi un délit, comme l’ont déclaré leurs avocats respectifs.

Les quatre prévenus ont tous été reconnus coupables. Les deux hommes ont reçu une peine de 12 mois ferme accordée de 1 500 euros d’amende. La jeune femme entrée une fois dans une pharmacie reçoit une amende de 254 € et 1 500 € dans moins de 20 mois. Enfin, la dernière jeune femme doit payer 15 euros d’amende par jour pendant 100 jours.

Tous les quatre ont dix jours pour faire appel de cette décision.

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