Home Faits Divers Attaqué par un groupe armé de machettes, un ado jeté inconscient dans...

Attaqué par un groupe armé de machettes, un ado jeté inconscient dans un fossé plein d’eau en Loire-Atlantique

62
0



Trois individus âgés de 18 à 20 ans ont été condamnés mardi 28 janvier 2025 pour la violente agression d’un jeune homme de 18 ans, la nuit d’Halloween, à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Atlantique).

Vers 3 h du matin ce vendredi 1er novembre 2024, la victime rentrait à scooter d’une fête chez des amis quand deux voitures lui ont coupé la route.

En sortent plusieurs individus cagoulés, gantés, certains avec des machettes qu’ils pointent au visage du jeune homme.

Jeté à terre, roué de coups, ce dernier est mis pieds nus, dépouillé de ses affaires avant d’être jeté dans un fossé rempli d’eau, avec son deux-roues.

Abandonné à son sort, inconscient, « il aurait pu se noyer », est venue témoigner sa maman à l’audience du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire.

« Il est encore très marqué »

« Il est encore très marqué. Dans un moment de folie entre copains, on peut finir par tuer quelqu’un. »

Le butin se résume à un paquet de cigarettes, la sacoche et les chaussures volées ont été retrouvées à quelques mètres du lieu de l’embuscade.

Les soupçons vont se porter sur un petit groupe de jeunes de la commune de Saint-Joachim, déjà dans le collimateur des gendarmes, et dont l’une des filles s’était préalablement vantée dans son collège de préparer une « expédition la nuit d’Halloween avec deux véhicules pour faire peur aux gens », selon le parquet.

Deux garçons de la bande roulent dans des voitures qui correspondent aux descriptions, une Renault Mégane et une Clio blanche, dans laquelle, quelques jours avant les faits, quatre d’entre eux avaient été contrôlés tout de noir vêtu, sous capuches et bonnets.

En garde à vue, l’un des six interpellés finit par admettre sa participation et mettre en cause ses camarades.

Un mineur de 17 ans puis l’un des prévenus en font de même avant de se rétracter.

Des « pressions » des gendarmes dénoncés

Son avocate Me Julie Conta dénonce des « pressions » sur les suspects, certains mineurs, accompagnées de « menaces d’aller en prison » de la part des gendarmes, lors de pauses entre deux auditions.

« Il y a un principe de loyauté dans l’obtention de la preuve. Les aveux doivent être recueillis de façon libre et spontanée », tance-t-elle en accompagnant sa demande de nullité de la procédure.

« S’il y a eu des pressions, elles viennent surtout des protagonistes et leur entourage, y compris dans le fourgon pour se rendre au tribunal », réplique la procureure qui rappelle que le seul à avouer, condamné dans la foulée en plaider coupable « pour le protéger », a depuis reçu des menaces.

« Impossible dès lors de confronter ses propos », rétorque Me Sophie Roux, qui dénonce également une « atteinte aux droits de la défense ».

Car les trois prévenus nient avec force leur présence sur les lieux de l’embuscade.

Casiers judiciaires vierges et CDI pour deux d’entre eux, ils présentent d’autres emplois du temps, appuyés des témoignages d’une sœur ou de petites amies.

En retour, le ministère public reconnaît qu’il ne dispose pas de « la preuve parfaite ».

« Déclarations très précises et circonstanciées »

Pas de vidéo sur cette route de campagne plongée dans le noir, pas d’ADN prélevé sur le scooter, mais des « déclarations très précises et circonstanciées », des téléphones « à proximité des faits ou qui ne bornaient pas à ce moment-là ».

« Parlons-en des déclarations. Selon les versions, on ne retrouve pas les mêmes personnes désignées. À l’heure de l’agression, mon client envoyait des messages dans son lit », tacle Me Conta.

Me Roux dénonce un « dossier basé sur des rumeurs. Clairement si vous les condamnez ce sera au bénéfice du doute ».

« Les gendarmes ont mon client dans le nez parce qu’il ne fait rien et est toujours fourré sur sa mobylette. Mais quand il fait une bêtise, il le dit », avance Me Greno pour le plus âgé, également poursuivi pour avoir foncé en scooter puis frappé un homme de 54, alors qu’il faisait un rodéo sur la place de l’Église à Saint-Joachim.

Des faits de février 2024, qu’il reconnaît.

Condamné à 18 mois de prison, dont 14 avec sursis probatoire, ce dernier retourne en détention.

Le plus jeune écope de six mois avec sursis probatoire, et le troisième de 12 mois.

Ils auront interdiction de se fréquenter pendant deux ans, ainsi que la victime à qui ils devront 6 800 € de dommages et intérêts.

Deux mineurs suspectés d’être impliqués passeront prochainement devant le juge des enfants.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here