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après des échecs à répétition, le président Patrick Roussel a démissionné

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L’information nous a été confirmée par plusieurs membres du conseil de surveillance. Président de l’ALM Evreux Basket Eure depuis 2019, Patrick Roussel s’apprête à quitter la tête du club. Il a donné sa démission au soir de la victoire de son équipe contre Chartres, le 25 janvier dernier.

Depuis la révélation de cette nouvelle, dans l’édition papier de l’Eure Infos du mardi 25 février 2025, le club a réagi en confirmant à son tour ce départ, mardi après-midi, sur Facebook.

Une relégation en N1

Succéder au pétillant et solaire André Rostol, unanimement apprécié, après presque 10 ans de présidence, était déjà un premier défi de taille pour Patrick Roussel.

Membre du conseil de surveillance, il avait pourtant alors fait un gros lobbying pour hériter du poste. Soigneusement placé à la tête du club par Guy Lefrand, maire de la ville et président de ce conseil, ce dirigeant d’une entreprise du bâtiment avait été officiellement installé en mai 2019 à la tête d’une ALM Évreux dont il avait été joueur dans les années 70-80.

Pourtant, jamais la cote de popularité de Patrick Roussel n’aura atteint les sommets de son prédécesseur martiniquais.

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Pire, elle sera progressivement tombée très bas, avec une relégation sportive en NM1 comme point d’orgue au printemps dernier. Une première après 37 saisons en Ligue.

J’y suis, j’y reste !

Bien que repêchée en Pro B par la LNB durant l’été 2024, on s’attendait à ce que Patrick Roussel tire logiquement sa révérence. Mais il faisait au contraire le choix de rester à la tête du club et même de promouvoir son ami Loïc Cavelier, venu du monde de la finance, au poste de directeur du club. Ce, avec l’aval d’un Guy Lefrand qui le confortait dans une stratégie de fonctionnement pourtant loin de faire l’unanimité. En son sein comme en dehors…

Loïc Cavelier (à gauche, au côté du maire d’Évreux Guy Lefrand) avait été nommé directeur général de l’ALM en juin 2024 par son ami Patrick Roussel. ©Ph. G./Eure Infos La Dépêche

Mais, sentant probablement une incapacité à redresser le club financièrement comme sportivement, Patrick Roussel a décidé une première fois de poser sa démission, au soir de l’éclatante victoire face à Chartres (117-83), le 24 janvier dernier.

Drôle de timing chez ce président coutumier du fait, qui avait par exemple offert une curieuse intervention en conférence de presse, en février 2024, où il pointait du doigt le niveau de l’arbitrage en Pro B et surtout vis-à-vis de son club… juste après la victoire d’un petit point de l’ALM contre Fos !

Déjà en difficulté sportive, l’ALM Évreux Basket Eure, appellation créée sous son mandat, venait de se mettre officiellement à dos les instances arbitrales de la LNB…

Allez ouste !

Le 17 mai 2019, soir de première prise de parole, Patrick Roussel souhaitait également voir son club se structurer pour franchir un cap supplémentaire dans le professionnalisme. Six ans plus tard, on peine toujours à voir cette évolution.

Au lieu de fédérer, le futur ex-président a plutôt divisé, éparpillant ses salariés façon puzzle. Adieu l’ambiance familiale, devenue, selon nos sources, ultra-autoritaire sous son égide. Jamais autant de salariés n’ont d’ailleurs quitté l’institution lors d’une même présidence.

Des départs en pagaille, à commencer par ceux de deux directeurs : Elsa Toffin-Danflous, qui ne souhaitait pas travailler avec Patrick Roussel, puis Quentin Jegou, licencié pour faute grave… et qui fait aujourd’hui les beaux jours du Caen BC !

Autres victimes de la présidence Roussel, Terence Boucheron (commercial, également licencié pour faute grave et actuellement aux prud’hommes) et Simon Billaux, efficace responsable opérationnel et communication, qui a préféré accepter une rupture conventionnelle après avoir subi des menaces et de fausses accusations.

Ces premiers fusibles ont laissé place ensuite à l’éphémère manager général Thibault Gauthier (avril 2022 – mars 2023) qui, s’il a mis un terme à son contrat pour des raisons familiales, était également dans l’incapacité de collaborer avec le directoire et son président.

Thomas Jacq, nommé par le directoire pour relancer le domaine commercial, sera lui aussi licencié quelque temps plus tard. Hélas, dans l’entrefaite, ce dernier avait mis un terme prématuré aux contrats de deux alternants pourtant profondément investis dans leurs missions, Juliette Beauché (assistante juridique et administrative) et Léo Penitzka (responsable billetterie et boutique), et les mettant ainsi en danger pour valider leur année universitaire, avec une note abaissée de surcroît…

Pour colmater tous ces trous, Patrick Roussel a dû recruter un véritable couteau suisse, Kiven Vollard, venu de l’associatif et passé de responsable de la buvette (!) à des fonctions de direction-animation, en passant même par des séances de préparation physique dans les tribunes du stade Rochard et de bricolage de maillot avant deux matches cette saison… Savoureuse touche d’amateurisme dans l’univers professionnel !

Licenciement d’Asceric : la boulette de trop

Si Patrick Roussel (à d.) croit que Neno Asceric saura trouver les solutions pour maintenir sportivement l'ALM Évreux en Pro B. il semble plus inquiet de la situation financière de son club.
Arrivé aux commandes de l’ALM Evreux en mars 2020, Neno Asceric (à gauche) a été limogé quatre ans plus tard, à quelques jours d’un match charnière pour le club. ©Ph.G/Eure Infos La Dépêche

Après la partie administrative, Patrick Roussel s’est attaqué à la partie sportive en licenciant pour fautes graves – décidément… – Fabrice Lefrançois, qui a, depuis, remporté son procès aux Prud’hommes et qui brille désormais en Betclic Élite du côté de Cholet Basket

En recrutant Neno Asceric dans la foulée, le président de l’ALM semblait avoir trouvé à la fois un coach aux valeurs de travail chères à l’esprit amicaliste, mais aussi et pour le même prix, le directeur sportif qu’il manque toujours au club.

Bonne pioche. Neno Asceric a apporté sa rigueur technique et permis à l’ALM de remporter son seul et unique trophée en Ligue avec le gain de la Leaders Cup Pro B à Nancy en février 2022.

Sous sa coupe, l’équipe ébroïcienne a également établi une série record de 11 victoires consécutives.

Cela n’a pas empêché Patrick Roussel de congédier, il y a un an et au pire des moments dans la saison 2023-2024, celui en qui il nouait une « profonde amitié ». Profonde amitié qui s’est donc traduite par un coup de couteau dans le dos, délégué par le président à Jean Bignalet (membre du directoire).

C’est ce dernier qui annonça en effet à l’entraîneur serbo-autrichien, la suspension de ses fonctions en lui remettant une lettre en main propre, à quelques minutes du début d’une séance d’entraînement. Superbe timing, juste avant une rencontre cruciale contre Angers, la lanterne rouge. Rencontre que l’ALM allait perdre, bien évidemment…

Ainsi va l’amitié d’un président qui n’a pas fait grand cas non plus de Sylvain Grzanka, ancien joueur à ses côtés et éternel assistant, renvoyé dans ses pénates par un Patrick Roussel sans scrupule.

Nouvelle salle : la sempiternelle Arlésienne

Au-delà du naming ALM Évreux Basket Eure, Patrick Roussel aurait également aimé être le président actuel d’un nouveau centre omnisports, promis deux fois et bientôt trois par Guy Lefrand depuis son premier mandat en 2014. Et même auparavant par Michel Champredon en 2008.

En mai 2019, le nouveau président confiait officiellement : « Lui (le maire) m’a assuré qu’avant la fin de l’année, il pensait avoir à la fois les subventions et le financement pour la nouvelle salle » rédigions-nous dans nos colonnes, à l’époque.

Six ans plus tard, on est plus proche d’un nouveau centre aquatique que d’une vraie salle moderne digne de ce nom pour les basketteurs ébroïciens.

Bref, vous l’aurez compris, le projet est renvoyé aux calendes grecques. Pendant ce temps, la salle Jean-Fourré vient de souffler ses 65 bougies. Un bel âge. Et ses tribunes derrière les panneaux n’ont d’ailleurs toujours pas été restaurées, gaspillant de précieuses places pour un club en quête d’argent frais.

Une dette croissante

Ces promesses non tenues témoignent d’un manque d’ambition sportive réel et expliquent également un certain « désamour » de nombreux partenaires vis-à-vis de l’ALM sous la présidence actuelle.

Idem du côté de certains prestataires, en raison de sérieux retards de paiement au fil des saisons.

Il faut savoir qu’avec l’engagement de nombreux frais d’avocats pour faire appel des décisions des Prud’hommes et le dramatique bilan commercial depuis trois ans, difficile de s’étonner que la dette du club ait atteint, il y a quelques mois, la coquette somme d’environ 350 000 euros.

C’est pour cette raison que la Ville, déjà actionnaire majoritaire, a décidé d’injecter 200 000 euros, l’été dernier (et 20 000 en plus avec l’agglomération dirigée par Guy Lefrand) pour permettre le réengagement de l’ALM Évreux en Pro B.

Mais pour assurer sa survie, l’ALM Basket doit sortir du modèle classique et accroître son autonomie financière grâce à des actionnaires et partenaires privés. D’où l’entrée au capital du club d’une structure privée, la SAS ALM Développement.

Or, après six ans à la tête du club, Patrick Roussel ne semble pas être l’homme de la situation pour mener cette aventure et redresser une structure qui s’est affaiblie sous son règne. En a-t-il enfin pris conscience en démissionnant ?

Reste qu’il va laisser derrière lui un bien sombre héritage. Souhaitons bonne chance au successeur que Guy Lefrand ne devrait pas tarder à placer à la tête du club, lui qui avait demandé à Patrick Roussel de rester un an de plus avant de quitter le club et la région.

Si vous êtes motivé, honnête et compétent, manifestez-vous ! Pas sûr cependant que les candidats soient légion.

Ph. G. et A. S.



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