C’est une situation qu’il ne pensait jamais devoir vivre un jour. Villy Marliere, 45 ans, indique avoir été agressé aux abords de la gare de Marmande (Lot-et-Garonne) lundi 3 février 2025. Opéré quelques jours plus tôt d’une ligamentoplastie au niveau du genou gauche qui l’oblige à se déplacer en béquilles, il raconte qu’une jeune femme alcoolisée s’en serait prise à lui sans véritable motif.
Un choc pour ce quadragénaire qui souhaite témoigner pour alerter sur une violence gratuite, selon lui, de plus en plus répandue.
Agressé gratuitement pour un blouson et une béquille
Il était aux alentours de 19h lorsque Villy rentrait chez lui après être passé à la supérette située en face de la gare, à quelques centaines de mètres de son domicile. « Quelqu’un est arrivé dans mon dos et m’a tiré sur la capuche pour me faire tomber au sol, raconte-t-il. On a tenté de me prendre mon blouson et cette personne s’est emparée d’une de mes béquilles. »
Stupéfait par ce qui lui arrive, et diminué par sa jambe qui l’handicape, il explique s’être défendu en repoussant cette jeune femme avec qui le dialogue semblait impossible. « Je ne me suis pas laissé faire mais avec ma jambe, je n’ai pas pu faire grand-chose. » Scène pour le moins cocasse, deux passantes auraient alors pris le parti de la jeune femme, pensant que c’était lui l’agresseur.
Elle répétait et criait que c’était sa béquille alors que c’était la mienne. Cette femme semblait dans un état second, j’ai vite compris que je n’allais pas pouvoir récupérer ma béquille alors j’ai poursuivi mon chemin tant bien que mal sur un seul appui tout en me faisant insulter.
Une plainte déposée en gendarmerie
Arrivé dans son appartement, il indique avoir prévenu les gendarmes qui ont placé, sans avoir été au fait de l’altercation qui venait de se dérouler, une jeune femme d’une vingtaine d’années en cellule de dégrisement le même soir. Il a déposé une plainte pour violences et insultes racistes mais cette personne étant domiciliée à Bordeaux, la procédure a été transmise là-bas.
Il a entre-temps consulté son chirurgien qui a noté un hématome sous-cutané et une mobilité anormale du genou. « Je dois passer une IRM au mois de mars mais je risque de devoir me faire réopérer », déplore-t-il dépité.
Un traumatisme
S’il confie ressentir des douleurs encore plus intenses au niveau de sa jambe après cette agression, Villy est surtout choqué d’avoir pu être agressé de la sorte.
Je n’imaginais pas me faire agresser comme ça à 45 ans. Gratuitement, sans aucune raison. C’est la première fois de ma vie que ça m’arrive. La semaine qui a suivi, au moindre bruit que j’entendais derrière moi, j’avais la peur qui montait. C’est quelque chose qui traumatise parce que quand ça t’arrive, après, tu n’es plus serein.
Choqué, il n’en revient toujours pas et se dit inquiet que de telles situations puissent arriver à des personnes vulnérables : « Je sais me défendre heureusement, mais je pense aux personnes âgées qui peuvent subir ce genre d’agressions. Ça me révolte ! »
Quant à son sentiment sur une éventuelle montée de l’insécurité à Marmande, le quadragénaire reste mesuré. « Maintenant que je me suis fait agresser, forcément je ne vois plus les choses de la même manière. Mais ça fait plus de 5 ans que j’habite à ici et honnêtement je n’ai pas le sentiment d’être moins en sécurité qu’avant. Par contre, je pense qu’il y a une certaine violence décomplexée qu’il n’y avait pas avant. »
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