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Adrien Fourmaux, l’apprenti médecin devenu pilote

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Un virage à 180 degrés. Originaire de Seclin (Nord), Adrien Fourmaux a quitté les bancs de la fac de médecine pour se lancer dans une carrière de pilote auto, où il est en première ligne pour stopper plus de 20 ans de victoires françaises estampillées « Sébastien » dans la catégorie reine des rallyes. A 29 ans, le Nordiste retrouve ce week-end les terres de son premier podium en championnat du monde WRC, en Suède, où il avait brillé l’an dernier au volant de sa modeste Ford. Arrivé cette saison chez Hyundai, double championne du monde chez les constructeurs (2019 et 2020), il vise désormais sa première victoire dans l’élite.

Seclin : Adrien Fourmaux a quitté la médecine pour le rallye

Aux gants des coureurs auto, Fourmaux a pourtant d’abord préféré ceux des hôpitaux : « à la base, je voulais faire de la chirurgie orthopédique« , raconte-t-il dans un entretien à l’AFP.

Parti pour une dizaine d’années d’études à la fac de médecine de Lille, c’est en quatrième année que ce fils d’un orthoprothésiste à la retraite et d’une professeure de coiffure fait finalement son choix: il sera pilote.

« J’ai mené les deux en parallèle, mais c’était très compliqué » se souvient-il. « Je n’arrivais pas à bosser à fond la médecine parce que je ratais des cours. Mais d’un autre côté, je ne préparais pas bien mes rallyes car il fallait que je travaille ». Soutenu par ses professeurs, le Français a préféré continuer les rallyes pour ne rien « regretter ».

« Comme Loeb et Ogier »

Dernier d’une fratrie de trois enfants, Adrien Fourmaux a grandi dans une famille passionnée d’automobile, « mais pas forcément de sport auto ».

Il découvre l’univers des courses de voitures avec les jeux vidéo sur lesquels il affronte son frère qui, une fois le permis en poche, l’emmène voir les rallyes du Touquet et du Monte-Carlo, au début des années 2010.

« J’étais fan de Sébastien Ogier (…) car c’était le nouveau qui arrivait et je voulais qu’il batte Sébastien Loeb » déjà multi-champion du monde, raconte ce grand fan de vélo, une activité qu’il pratique encore aujourd’hui pour « se libérer l’esprit ».

A cette époque, « jamais » il n’aurait pensé un jour se battre contre eux.

C’est quelques années plus tard, estimant qu’il n’avait « rien à perdre », que le Nordiste décide de faire « comme Loeb et Ogier » et de miser 20 euros – qui correspondent au prix d’entrée pour rejoindre le Rallye Jeunes de la Fédération Française du Sport Automobile, organisé chaque année pour trouver le futur roi des rallyes.

Mission réussie pour le jeune Fourmaux, qui, à 21 ans, remporte l’opération en 2016.

Dès lors, tout s’enchaîne: champion de France juniors 2018, première participation au niveau mondial en 2019, troisième en WRC2 (l’antichambre du WRC) en 2020, jusqu’à atteindre l’élite, en 2021.

Redescendu à plein temps en WRC2 en 2023, la faute à son manque de performance, il retrouve la catégorie reine la saison suivante, où il signe cinq Top 3.

« Pas de pression »

Loeb ne courant plus en WRC, Ogier ayant opté pour une saison partielle, Fourmaux est le seul Français engagé à plein temps cette saison, et porte un sacré héritage : la France avec ses 18 titres de champion du monde (neuf pour Loeb, huit pour Ogier et un pour Didier Auriol) figure au sommet du palmarès.

Mais le Nordiste l’assure : il ne ressent « pas de pression« . « Je ferai de mon mieux (…) peut-être que ça prendra un, deux, trois, quatre ans (jusqu’au titre, ndlr), en tout cas, le but est d’y arriver ».

« Pas cette année », rétorque son nouveau patron chez Hyundai Cyril Abiteboul. « Sa mission (…) est de contribuer à atteindre notre objectif prioritaire qui est le titre constructeur ».

Pour ses débuts avec la marque lors du Rallye Monte-Carlo fin janvier, la nouvelle recrue du constructeur sud-coréen, troisième de la course, s’est offert le luxe de terminer devant ses deux coéquipiers champions du monde, l’Estonien Ott Tänak (5e) et le Belge Thierry Neuville (6e).

De quoi faire rêver le Français ? « On va essayer de garder la tête sur les épaules, on a juste fait une belle course », avait-il tempéré. Jusqu’à quand ?

Avec AFP



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