La cour d’appel de Rennes a relaxé, ce mardi 25 mars 2025, un gendarme mobile accusé d’avoir commis de graves violences sur deux hommes alors qu’il sortait d’une soirée dans un bar de Pontivy (Morbihan) en décembre 2021.
Trois mois avec sursis
Maxence X avait en effet fait appel de sa condamnation à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lorient : en première instance, il avait aussi obtenu que sa peine ne soit pas inscrite sur la partie du casier judiciaire accessible aux employeurs, pour pouvoir continuer à exercer. Lors de l’audience devant la cour d’appel de Rennes qui s’était tenu le 18 février 2025, le parquet général de la cour d’appel de Rennes avait de son côté requis la confirmation de cette première décision.
Quatre coups
Pour rappel, Maxence X et son collègue affecté à la gendarmerie départementale avaient en fait été dénoncés par le chef de la police municipale : un homme s’était présenté dans ses locaux pour lui relater la soirée au cours de laquelle lui et un ami avaient subi des violences de la part de deux hommes se présentant de « la police ». Ces deux-là sortaient en fait du Plaza Café lorsqu’ils avaient été interpellés par deux hommes « en civil ».
Une rixe avait ensuite éclaté et Maxence X aurait – selon le récit même du gendarme qui l’accompagnait – porté « quatre coups » à un des deux hommes alcoolisés, dont un alors qu’il gisait au sol. Les deux gendarmes leur avaient ensuite « prodigué les premiers soins ».
« Un blâme »
L’autre plaignant avait bien tenté de porter plainte à la gendarmerie de Pontivy, au lendemain des faits, mais en arrivant sur place, il avait « reconnu un gendarme comme étant l’un de leurs agresseurs »… Ce dernier l’aurait alors « attiré à l’extérieur » pour lui expliquer « le caractère inapproprié de sa plainte » car il existait, selon ce gendarme, « une vidéo sur laquelle on les voit tenter de renverser les deux gendarmes ».
Maxence X avait donc été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Lorient après s’être vu infliger un « blâme » par sa hiérarchie, tandis que son collègue avait pour sa part écopé d’une « grosse sanction disciplinaire ».
« Dans son bon droit »
Lors de l’audience, le militaire de 32 ans avait pour sa part maintenu être « dans son bon droit » puisqu’il était, selon lui, « en légitime défense ».
« Imaginons que deux gendarmes aient dû faire face à une voiture qui leur fonçait dessus, qu’est ce qui les empêche de partir à fond en courant ? », s’était pour sa part interrogé Me Thomas Delaby, avocat des parties civiles. « Dans un monde idéal, ils rentraient dans le bar et demandaient au gérant d’appeler les secours et leurs collègues », avait alors abondé l’avocat général.
Ça n’était pas très compliqué, si on n’avait pas bu et qu’on n’était pas bourré d’adrénaline…
D’autant que les deux militaires n’avaient pas rendu compte de l’incident à leur hiérarchie.
Mais finalement, la cour d’appel de Rennes a retenu la « légitime défense » de Maxence X dans ce dossier et l’a donc relaxé.
C. B. (PressPepper)
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