En mars 2026, les élections municipales dévoileront le visage des nouveaux maires de France. Des nouveaux ou de ceux qui se maintiennent. À Poissy (Yvelines), la question se pose déjà. Sandrine Berno Dos Santos, l’actuelle maire, se succédera-t-elle à elle-même ? À un an des élections municipales, rien n’est sûr.
Il y a 5 ans, Karl Olive était réélu maire avec 75,60 % des voix. Devenu député, il avait alors cédé sa place à Sandrine Berno Dos Santos, sa première adjointe, le 3 juillet 2022.
« Évidemment naturel et légitime qu’elle soit candidate »
Depuis, dans les faits, l’une s’occupe de la ville quand l’autre s’occupe du territoire de la 12e circonscription des Yvelines au sein de l’Assemblée nationale.
Dans la réalité, l’ombre de Karl Olive plane encore sur la Cité Saint-Louis. En mars 2024, il y a un an, Karl Olive affirmait : « Je n’ai pas vocation à revenir. » Preuve que la question se posait déjà et se pose toujours.
Ces derniers mois, des sujets importants auraient créé des tensions au sein de la majorité municipale : le projet de mosquée à La Coudraie, ou plus récemment la démission du président du FC Poissy.
Contactée, la maire de Poissy Sandrine Berno Dos Santos, n’a pas souhaité, pour l’heure, réagir sur sa position en vue de l’échéance municipale. Un proche de la maire nous confie néanmoins.
« Si la maire n’a pas encore publiquement annoncé sa candidature, il sera évidemment naturel et légitime qu’elle soit candidate à sa réélection. »
Karl Olive : « J’ai l’intention de porter un certain nombre de propositions »
Mais quid de ce que fera Karl Olive, ce qui impactera forcément la candidature de la maire sortante. Surtout, qu’actuellement député, rien ne garantit qu’il le sera encore après 2027 ou même qu’il désire poursuivre ce mandat dans un futur proche.
Contacté également, Karl Olive ne s’est pas étendu sur le sujet.
« J’aime trop cette ville que je continue d’arpenter au quotidien pour me désintéresser de son avenir. Et j’ai bien l’intention de porter un certain nombre de propositions pour 2026 et l’après 2026. C’est la nature de mes échanges avec Madame la maire et les Pisciacais. »
Il faut dire aussi que depuis sa prise de pouvoir en 2014, Karl Olive a toujours voulu garder un certain contrôle de Poissy. La perdre serait un échec. Et cette crainte pourrait s’expliquer au vu des bons scores de la gauche lors des derniers appels aux votes (38,1 % des voix pour Christophe Massiaux, candidat de l’Union de la gauche lors du second tour des élections législatives de 2024, N.D.L.R.).
La gauche veut poursuivre le travail
À Poissy, l’Union des gauches est représentée par Christophe Massiaux, candidat lors des dernières élections législatives et actuellement conseiller municipal d’opposition. « On regroupe écologistes, socialistes, Place publique, Parti communiste, LFI et Générations. s et on présentera un candidat qui rassemble. »
« On espère capitaliser sur les législatives et les européennes de 2024. On a eu un beau succès dans les quartiers populaires. Des gens sont retournés aux urnes, c’est positif. »
Un candidat devrait être présenté en septembre 2025. « Aucun nom ne s’est encore prononcé pour le moment. Cette personne sera choisie de manière démocratique. Pour l’heure, on se concentre sur le recueillement des besoins des Pisciacais. »
Le Rassemblement national et Lutte ouvrière partent au combat
Ensuite, absent des dernières élections municipales, le Rassemblement national espère présenter un candidat en 2026, mais ne veut pas se précipiter.
« Nous travaillons et nous avons une réflexion sur ces municipales. On veut faire les choses sérieusement, explique Aymeric Mahiet, référant RN à Poissy. La question a été soulevée il y a deux mois. On réfléchit pour savoir comment on peut y participer. Il y a deux options : via une liste RN unique ou via un rassemblement avec d’autres sensibilités avec des sympathisants RN. On est ouvert au niveau local pour travailler avec toutes les bonnes volontés. Il faut bien prendre en compte que c’est une élection locale avec des problématiques locales propres à Poissy. »
Enfin, Lutte ouvrière sera plus que jamais présente dans une période incertaine pour les travailleurs de Stellantis. Elle présentera le même candidat qu’en 2020, Jean-Pierre Mercier, également délégué syndical SUD chez Stellantis. « On a toujours des idées à défendre pour l’ensemble des travailleurs. On va tout faire pour se battre contre la fermeture programmée de l’usine, qui est injustifiée et injustifiable. Ce sera le cœur de notre projet. »
Les choses devraient s’éclaircir à la rentrée, en septembre 2025.
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