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A Carhaix, un citoyen exaspéré fait tomber la présumée tête de réseau d’un trafic de drogue

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La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Rennes a rejeté, vendredi 14 mars 2025, la demande de mise en liberté de la « tête de réseau » présumée d’un trafic de stupéfiants à Carhaix (Finistère), démantelé en février 2025 grâce à l’intervention d’un riverain. 

Cet habitant de Carhaix manifestement excédé d’assister impuissant aux transactions de stupéfiants qui se déroulaient sous ses yeux, depuis un appartement situé au 33, rue de Charles-de-Gaulle, avait poussé les portes de la gendarmerie de Carhaix pour dénoncer ces faits. Il venait en fait de mettre fin lui-même à une transaction et avait même « récupéré 2 grammes de cannabis » par la même occasion. Une planche photographique lui avait alors été soumise et l’homme avait reconnu l’instigateur dudit trafic.

En parallèle, une éducatrice spécialisée chargée du suivi d’un jeune « vulnérable » s’était rendue à cette adresse faute d’avoir des nouvelles de son occupant. Elle avait pénétré dans l’appartement et était tombée sur deux personnes, dont un était parti brusquement à trottinette. Elle découvrira aussi des stupéfiants, du liquide, un bang et une balance de précision a-t-il été détaillé lors de l’audience publique de la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Rennes, jeudi 13 mars.

Le « donneur de mission » avait donc été dénoncé par les jeunes chargés de travailler pour lui, moyennant « 120 euros par jour » : selon l’une de ses « petites mains », il s’occupait régulièrement de « couper les stupéfiants » pendant que les autres jouaient aux jeux vidéos. 

Le locataire dénonce des pressions

Le locataire de l’appartement avait expliqué qu’il achetait à cet homme de 27 ans, originaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), sa propre consommation de cannabis et avoir subi « des pressions » pour se rendre à Paris pour son compte : il lui avait été demandé, à deux reprises, de « ramener entre un demi-kilo et un kilo à Paris ».

En garde à vue, le mis en cause avait nié les faits, expliquant simplement avoir « vendu un peu à des amis pour financer sa consommation » et avoir « fourni des contacts en région parisienne pour acheter des stupéfiants ».

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À son domicile de Carhaix, « quelques grammes » de cannabis avaient été retrouvés aux côtés de dix sachets de conditionnement et de PCS Cards de 100 euros. Une somme de 280 euros en liquide avait également été saisie par les gendarmes, alors qu’il n’avait « aucune ressource » déclarée et que « les allocations ne vous permettent même pas de payer le loyer », lui a rappelé le rapporteur de la Chambre de l’instruction.

Mais le trafiquant présumé a de son côté écrit « un long courrier au juge d’instruction » pour expliquer qu’il était en réalité la « petite main » de ce trafic : jeudi 13 mars, en visio-conférence depuis la maison d’arrêt de Brest aux côtés de son avocat, il avait donc sollicité sa remise en liberté.

« On n’est pas sur un cartel »

« D’évidence, c’est un petit dossier, on vous parle de grammes de cannabis et de centaines d’euros saisis à droite à gauche », a resitué son avocat. « On n’est pas sur un cartel », a même ironisé Me Pierre-Hector Rustique, qui considère que « les gens ont dit ce qu’ils avaient à dire » et que le « risque de pressions » sur ces jeunes vulnérables ne peut plus être invoqué pour justifier un maintien en détention.

Le prévenu pouvait donc tout à fait « retourner en région parisienne » où vivent sa mère et sa sœur et être « interdit de Carhaix ou du Finistère » jusqu’à la fin de l’instruction, avait suggéré l’avocat. « Je passe vingt-deux heures par jour dans une cellule à ne rien faire et je dors sur un matelas au sol », avait abondé l’homme.

Mais, du point de vue de l’avocate générale, son recours était « totalement inadapté » puisqu’il n’a produit « aucun élément » justifiant de son insertion sociale et n’a pas de « projet de sortie étayé ». Et « en balance, on a un dossier qui démarre par la mobilisation des citoyens exaspérés de voir ce trafic », a-t-elle rappelé.

De plus, « le recrutement qu’il opère » pose difficulté puisqu’il s’agit de « majeurs particulièrement fragiles« , sous « protection judiciaire » et « dépendants aux drogues ».

Elle a donc sollicité le maintien en détention de ce jeune « ancré dans la délinquance » avec 11 mentions au casier judiciaire, dont cinq pour stupéfiants et violences. Vendredi 14 mars 2025, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Rennes s’est rangée à son avis.

CB (PressPepper)



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