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à Aubervilliers, le retrait de la maire pour sa santé mentale secoue élus et habitants

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Une situation rare, et qui pose de nombreuses interrogations. Vendredi 21 février 2025, la maire d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Karine Franclet (UDI), prend la décision de se mettre en retrait de ses fonctions, après avoir ressenti une « profonde fatigue ». Dans un contexte où les élus sont de plus en plus exposés à une pression constante, ce choix ouvre le débat sur leur santé mentale. Un sujet qui chamboule à la fois les politiques et les habitants de la commune.

Inquiétudes et compassion chez les habitants

Devant la mairie d’Aubervilliers, malgré un rideau de pluie qui voile la vue, quelques passants posent les yeux sur l’hôtel de ville, ce lundi 24 février. « Ça nous a fait un choc d’apprendre sa mise en retrait, avoue Mourad, habitant de la ville depuis 30 ans, au début on n’avait pas compris que c’était pour une dépression ». Mais dans la commune, le choc a rapidement fait place à l’inquiétude. « Maintenant, on se demande comment la ville va être gérée », s’interroge le quinquagénaire. Des questions partagées par de nombreux administrés. « Si la maire a démissionné, il va y avoir de nouvelles élections ? », s’emballe une autre habitante qui vient d’apprendre le retrait de Karine Franclet.

Le choc, les interrogations et enfin la compassion. « Ce ne sont pas des robots, admet Karim, qui avait fait campagne contre l’édile en 2020, on est souvent virulent avec eux, mais on oublie parfois qu’il y a des humains derrière les élus ». Cependant, cette image parfaite est largement façonnée par les politiques eux-mêmes, notamment à travers leur communication, ce qui les rend encore plus vulnérables aux attaques haineuses des internautes sur les réseaux sociaux.

Une brèche pour l’opposition ?

En attendant le retour de la maire, c’est Pierre Sack, premier adjoint, qui prend temporairement le relais. Mais pour l’opposition, qui a rapidement sauté sur l’occasion, cette décision mérite des mesures plus poussées. « Nous allons proposer que le conseil municipal élise un maire par intérim », annonce à actu Paris Sofienne Karroumi, arrivé deuxième lors des dernières municipales. Selon lui, cette « démission temporaire » de la maire, comme il l’évoque, nécessite plus d’attention.

Malgré tout, l’opposition demeure unanime. Tous reconnaissent une « démarche louable » et une « décision difficile à prendre ». Mais ils n’ont pas tardé à placer leurs pions. « Si la situation devait s’étendre au-delà du raisonnable, d’autres débats devront alors être instruits », écrit notamment Anthony Daguet, conseiller municipal d’opposition et président du groupe communiste et écologiste.

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Sofienne Karroumi, de son côté, est plus direct : « Nous avons vu la maire, au fil du mandat, souffrir de ses propres erreurs », lâche-t-il. Le conseiller municipal lui reproche d’avoir « voulu tout gérer seule » et admet qu’à un moment donné, « la coupe est pleine ». Il insiste cependant sur l’importance de mettre en lumière la question de « la santé mentale et de l’épuisement des élus » et plaide pour que cette situation serve d’exemple afin de prévenir de futurs cas similaires. Selon lui, ce type de situation pourrait être évité si « les élus travaillaient de manière collective, échangeaient davantage et déléguaient plus ».

Les élus en première ligne des agressions

Depuis plusieurs années, les élus sont de plus en plus malmenés et en proie à des menaces ou des agressions. La plus marquante reste l’attaque de la maison de Vincent Jeanbrun, alors maire LR de L’Hay-les-Roses (Val-de-Marne) à ce moment. Une voiture-bélier avait été lancée contre son domicile. Mais cette agression n’est qu’un grain de sable sur une plage. En Seine-Saint-Denis, les faits contre les élus, qu’ils soient verbaux ou physiques, se multiplient.

Une problématique dont l’association des maires d’Île-de-France (Amif) s’était déjà saisie. Aujourd’hui, avec la mise en retrait de Karine Franclet, le débat s’élargit sur la question de la santé mentale des élus. « On aborde ce sujet d’une manière globale, concède à actu Paris Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de l’Amif, on plaide pour une véritable prise en compte ».


Quelques mois plus tôt, Aude Lagarde (UDI), maire de Drancy, s’est elle aussi mise en retrait, dans son cas, pour des raisons de santé. Son entourage nous indiquait toutefois ne pas connaître la date de son retour en politique. La mairie d’Aubervilliers, quant à elle, préfère laisser du temps avant de réagir et n’a pas souhaité communiquer davantage à ce sujet.



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