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8 jeunes condamnés pour l’énorme fusillade survenue à la Bellangerais

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Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné, ce mercredi 12 mars 2025, huit jeunes de 21 à 27 ans, originaires du quartier de Villejean qui avaient participé aux tirs dans le quartier de la Bellangerais, à Rennes (Ille-et-Vilaine), en décembre 2022.

« Reprendre le point de deal »

Pour rappel, en décembre 2022, plusieurs tirs étaient survenus dans le quartier dans un contexte de règlements de comptes sur fond de trafic de stupéfiants. Ils impliquaient de jeunes majeurs du quartier Villejean dont l’objectif était de « reprendre le point de deal » de la Bellangerais. Malgré cette escalade de violence, aucun blessé n’avait été à déplorer.

Le 16 décembre 2022, peu avant 1 h, une femme avait été réveillée par plusieurs jeunes qui réclamaient sa fille : elle est la sœur jumelle d’André X, un Rennais de 23 ans qui « tient » le point de deal du quartier. Il a depuis été mis en examen pour « tentatives de meurtre » sur un père et son enfant de cinq ans à Pacé (Ille-et-Vilaine) en octobre 2024.

Cette habitante du quartier de la Bellangerais avait alors été « surprise » de constater, en regardant par la fenêtre, la présence de « quatre individus » dont « deux armés ». Ces derniers avaient alors « fait feu » à plusieurs reprises en direction de l’entrée de l’immeuble avant de prendre la fuite.

L’ADN de Sankomba X – un jeune de Villejean condamné le 23 novembre 2023 à quatre ans de prison pour « enlèvement séquestration d’un mineur de 15 ans » sur fond de trafic de stupéfiants – avait par la suite été relevé « sur l’interphone » de l’immeuble.

Une succession de tirs

Rapidement, les enquêteurs avaient donc fait le lien avec André X et un autre « épisode » survenu trois jours plus tôt, le 13 décembre 2022, au cours duquel plusieurs jeunes de Villejean avaient été « violemment pris à partie » à La Bellangerais : leur véhicule avait été « fortement dégradé ».

Le 17 décembre 2022, un nouvel « épisode » de tirs avait éclaté, toujours à La Bellangerais : une habitante avait cette fois vu « trois hommes » descendre d’une Clio noire et tirer à « quatre reprises » en direction de trois jeunes fuyards.

Quatre jours plus tard, le quartier avait cette fois été touché par des tirs en plein jour, « à l’heure du déjeuner », devant le centre commercial : trois individus armés avaient fait feu avant de repartir à bord d’une Seat dont la plaque d’immatriculation, relevée par un témoin, permettra d’identifier son chauffeur mais aussi l’itinéraire de ce convoi, qui avait quitté le quartier de la Bellangerais pour regagner la dalle Kennedy.

Deux jeunes hommes portant le même prénom, Karamba, s’étaient ensuite repliés dans un hôtel de Montgermont.

Le lendemain, la Brigade spécialisée de terrain (BST) de Maurepas avait constaté la présence de quatre jeunes de Villejean dans le quartier de La Bellangerais, en train de « s’affairer » autour d’une voiture contenant « un sac » laissant entrevoir « deux crosses d’armes ».

Finalement, huit jeunes de 18 à 24 ans au moment des faits avaient été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Rennes pour répondre de « violence avec arme », « association de malfaiteurs » et pour des infractions à la législation sur la détention d’armes. En revanche, aucun fait relatif au trafic de stupéfiants ne leur était reproché.

« On est plusieurs à pouvoir et à vouloir faire ça »

Ces hommes, dont trois sont incarcérés, ont tous eu, au moins un temps, leurs attaches dans le quartier de Villejean. Ils sont désormais installés partout en France : certains sont toujours à Rennes (Ille-et-Vilaine), mais d’autres vivent à Poitiers (Vienne), aux Moutiers-en-Retz (Loire-Atlantique), La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher), Bordeaux (Gironde) ou encore Décines-Charpieux (Rhône).

Les deux jours d’audience n’ont toutefois pas permis de faire toute la lumière sur les faits, la plupart des prévenus refusant de détailler leurs agissements par « peur des représailles ». « On est plusieurs à pouvoir et à vouloir faire ça », dira toutefois l’un d’entre eux au cours des débats. Comprendre : rendre des « services », comme faire feu sur un rival, par exemple.

Lors de l’audience, Sankomba X n’a en effet « pas caché » son implication dans le trafic. Ce jeune de 22 ans a même indiqué avoir été payé « 1 500 euros » pour « aller tirer dans une baie vitrée », à savoir la porte d’entrée de l’immeuble d’André X.

Des aveux

Ce mercredi 12 mars 2025, au deuxième jour du procès, il a souhaité reprendre la parole, estimant qu’il était « temps de dire ce qui s’est passé », allant même jusqu’à donner le prénom de son supposé « commanditaire ». Il aurait été « approché » sur la dalle Kennedy le 14 décembre 2022, au lendemain de la « prise à partie » de jeunes de Villejean dans le quartier rival, pour faire feu devant chez André X avec un « fusil de chasse ».

Après avoir déploré le « traumatisme » des habitants du quartier, victimes de ces « batailles de plus en plus violentes pour récupérer les terrains », le parquet de Rennes avait requis de un à sept ans de prison contre les huit protagonistes de ce dossier.

Pour finir, le tribunal en a relaxé deux pour « détention d’arme » ; les six autres ont écopé de un à cinq ans de prison ferme. Trois ont été maintenus en détention, et les autres auront rendez-vous devant un juge d’application des peines (JAP) pour espérer échapper à l’incarcération.

Claire Besnard – PressPepper



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