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8 ans après, le cold case d’une épicière de Seine-et-Marne élucidé

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C’est presque un cold case que viennent d’élucider les gendarmes de la brigade de recherches (BR) de Fontainebleau (Seine-et-Marne) et différentes unités de la gendarmerie. « C’est une affaire qui avait ému toute une communauté. Cette enquête, c’est un roman-fleuve », lâche d’ailleurs l’un des enquêteurs, tant les investigations se sont tenues sur le long terme. Le dossier en question date du 28 avril 2017. Ce soir-là, peu après 22 heures, la tenancière de l’épicerie du petit village de Boulancourt, ville limitrophe avec le Loiret, ferme sa boutique. C’est alors qu’elle tombe nez à nez avec deux hommes, dont un est muni d’une arme de poing. Le calvaire de la septuagénaire commence alors.

10 jours d’ITT

Mise en joue par l’un des individus, elle est ensuite plaquée au sol. Pendant ce temps, le second larron en profite pour fouiller le commerce en quête d’un éventuel butin. Après quelques instants à chercher, il met la main sur de l’argent. « Il y en avait pour 170 euros », récapitule un gendarme proche de l’enquête. En plus du numéraire, l’homme en profite pour prendre plusieurs paquets de cigarettes.

Toutefois, les malfaiteurs se retournent vers la tenancière. « Ils lui ont demandé avec insistance où était la clef du coffre-fort », relate l’enquêteur. C’est alors que l’homme qui maintenait la victime au sol se met à lui asséner plusieurs coups de pied et de poing. Des chocs qui meurtrissent le corps de l’épicière, qui héritera de 10 jours d’incapacité totale de travail.

Au bout de quelques instants, les deux hommes repartent avec leur maigre butin, sans avoir mis la main sur ladite clef du coffre. Ils laissent ainsi la victime sur place, qui sera prise en charge par les secours et les gendarmes dépendants de la compagnie de Fontainebleau.

Serflex, rouleau de scotch et pistolet

Au cours de leur enquête, les militaires prélèvent un ADN sur les vêtements de la victime. Il s’agit d’un ADN masculin inconnu des services. Malgré leur travail acharné, ceux-ci ne vont pas pouvoir pousser leurs investigations plus longtemps, faute d’éléments.

Il a fallu attendre 2023 et un coup du destin pour qu’une information vienne relancer l’affaire de l’épicerie de Boulancourt. Il y a deux ans donc, l’ADN d’un homme est entré dans la base de données d’empreintes génétiques mise à disposition des enquêteurs, dans le cadre d’une affaire de violences conjugales. Cet ADN présentait des similitudes avec celui retrouvé sur les vêtements de la septuagénaire, six ans auparavant.

En remontant cette piste, les enquêteurs ont ainsi retrouvé un membre de la famille de l’individu qui avait roué de coups la tenancière. Quelques semaines de plus vont permettre aux gendarmes de toucher enfin au but. Ils finissent par remettre la main sur les agresseurs, qui résident aujourd’hui entre la Vendée et l’Yonne. Trois hommes de 29, 31 et 33 ans sont interpellés. Tous ont reconnu leur participation dans le dossier du 28 avril 2017. Munis de serflex et de scotch pour l’un, d’un revolver pour l’autre, ils ont été accompagnés sur place par leur dernier acolyte resté au volant de sa voiture. « Ils voulaient ligoter la septuagénaire. L’un d’eux connaissait bien les lieux. Il habitait dans les environs », fait remonter la source.

Convocation en mars

Depuis leur interpellation, ils ont été laissés libres dans l’attente de leur Convocation par officier de police judiciaire (COPJ) fixée au 10 mars 2025. Une décision justifiée par des casiers judiciaires « peu fournis » et le fait qu’ils se soient « rangés » depuis l’affaire du 28 avril 2017. L’enquête a mobilisé différents services, dont la brigade de recherches ainsi que quelques unités de la compagnie de Fontainebleau. Les Pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Nemours, d’Auxerre, de Sens (Yonne) ou encore des Sables-d’Olonne (Vendée) ont également été mis à disposition. Huit ans après les faits, cette audience permettra sans doute d’apporter une réponse pénale à cette affaire qui avait ému une partie du sud Seine-et-Marne.



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