Sur ses épaules, le jeune demi d’ouverture de l’Irlande Sam Prendergast (22 ans) doit supporter deux lourds fardeaux. Son rôle de successeur désigné de la légende Jonathan Sexton, bien sûr, et, depuis le début du Tournoi des 6 Nations 2025, celui de joueur tendre en défense. La même image dont pâtit aujourd’hui le Bordelais Matthieu Jalibert, un brin gênante tant elle place dans le dos de celui qui la porte une cible évidente.
« C’est un garçon qui ne s’en va pas de la ligne », a dit de lui mardi au CNR de Marcoussis le responsable des trois-quarts français Patrick Arlettaz. « Il n’évite pas les plaquages et s’y présente souvent. C’est un jeune joueur donc il en loupe de temps en temps effectivement. Si vous voulez me faire dire qu’il vaut mieux aller sur Prendergast que sur Bundee Aki… ». Un trait d’humour efficace pour décrire une situation évidente, alors que Sam Prendergast a manqué pas moins de 8 plaquages (sur 16) contre le Pays de Galles et 5 (sur 14) contre l’Écosse.
Prendergast : le maillon faible du système défensif de l’Irlande ?
L’ancien manager de l’Usap demeure néanmoins plus prudent sur la faisabilité de concentrer les attaques tricolores sur celui qui pourrait être identifié comme le maillon faible de la solide chaîne verte irlandaise.
« C’est difficile d’avoir une stratégie aussi claire que d’aller sur Prendergast. L’Irlande a une des meilleures défenses du monde et il est souvent bien entouré. Donc notre stratégie n’a pas été construite là-dessus. »
Même prudence assez légitime du côté des joueurs, comme le numéro 8 Grégory Alldritt lorsqu’on lui demande s’il sera tenté de faire converger ses courses vers le longiligne meneur de jeu du Leinster dès lors qu’il se proposera dans la ligne d’attaque. « Si c’était aussi facile », lâche-t-il en souriant !
Bien sûr que nous voudrons mettre nos avants face à leurs trois-quarts. Pour cela, il doit y avoir une succession de choses. Il nous faut des rucks rapides et efficaces, gagner les premières collisions et alors l’opportunité viendra peut-être d’envoyer un avant sur un trois-quarts. Mais on ne peut pas prévoir d’envoyer juste comme ça nos avants sur le 10 d’en face car ils feront en sorte de défendre avec leurs avants. »
« À choisir entre Prendergast et Bundee Aki… »
Les Bleus ont donc travaillé cette semaine les chemins censés leur permettre de s’ouvrir le champ des possibles face aux moins bons défenseurs irlandais, dont le susnommé Prendergast.
« On analyse bien sûr les faiblesses de l’adversaire », poursuit Alldritt. « Mais je crois que ce serait une grosse erreur de se focaliser seulement sur un joueur. C’est plus un système. Donc nous devons être propres de notre côté concernant notre système offensif. Et bien sûr, si on a une opportunité, à choisir entre Prendergast et Bundee Aki, le choix sera facile même s’il sera présent dans le combat et bien épaulé par ses troisième ligne et ses centres. »
Des lieutenants qui ne manqueront pas de protéger celui qui, dans un bon jour, peut aussi être un « game changer » pour l’Irlande grâce à la précision de son jeu au pied et son sens du jeu.
Anthony TALLIEU, au CNR de Marcoussis
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