Le 10 octobre 2023, une collégienne de 14 ans scolarisée en région parisienne tente de mettre fin à ses jours en absorbant 20 g de paracétamol. Elle est conduite à l’hôpital Necker où elle confie à sa mère avoir subi des attouchements de la part de son oncle quand elle avait 9 ans, lors des vacances d’été 2018.
Âgé de 33 ans à l’époque, le frère de son père qui habite chez ses parents à Dives-sur-Mer (Calvados) lui a demandé de s’asseoir sur ses genoux. Il a alors posé sa main sur son entrejambe puis a fait « des va-et-vient ». D’abord sur son pyjama puis sous les sous-vêtements.
« Pour ne pas faire d’histoires »
Elle lui a aussitôt demandé d’arrêter et il n’a pas insisté. Peu après, ne trouvant pas le sommeil, elle s’est relevée pour tout raconter à sa grand-mère. Cette dernière – présente au tribunal de Lisieux mardi 1er avril 2025 – lui a demandé de ne pas en parler à ses parents « pour ne pas faire d’histoires ». Entendue par les enquêteurs 5 ans plus tard, elle dira ne pas se souvenir « vraiment ». « Une chose pareille, soit on s’en souvient, soit on ne s’en souvient pas ! », tonne la présidente à son attention.
L’adolescente, qui craignait de détruire la cellule familiale par ses révélations, n’a eu que ses copines d’école à qui se confier. N’ayant pas de mots pour expliquer ce qu’elle a subi, elle leur parlera d’un « viol » commis par son tonton.
« On m’a bourré le crâne »
Lors de sa garde à vue, le trentenaire avait d’abord démenti les accusations portées contre lui. Puis, sans réellement se rétracter, il avait admis que sa nièce n’avait pas inventé et qu’elle avait bien fait d’en parler. Il avait présenté ses excuses « si c’est vrai ». En tout cas, il n’en avait aucun souvenir.
Au tribunal, en revanche il dit « rester sur [ses] positions » et martèle qu’il ne s’est rien passé. Pourquoi avoir reconnu les faits lors de son audition ? « On m’a bourré le crâne en garde à vue », se défend-il.
Les magistrats lui font observer que sa nièce, qui passait régulièrement ses vacances chez ses grands-parents, avait déclaré que ça s’était toujours très bien passé avec son tonton « sauf une fois » et qu’elle n’a aucune raison d’affabuler.
Situation familiale compliquée
La plainte déposée contre la grand-mère pour « non-dénonciation d’agression sexuelle sur mineur » ayant été classée sans suite, l’avocate de la défense pointe du doigt un choix de procédure énigmatique. Pour Me Gabriel, la tentative de suicide de l’adolescente est en lien avec une situation familiale compliquée. « Son intérêt était de voir ses parents se rapprocher. »
Le prévenu est condamné à 10 mois de prison assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de soins. Il a interdiction d’entrer en contact avec la victime et d’exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs pendant 5 ans. Le tribunal prononce son inéligibilité pendant 5 ans et constate son inscription au Fijais (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles). Il devra verser 1 000 € au père de la collégienne, 1 000 € à sa mère et 3 000 € en sa qualité de représentante légale.
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