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Yvetot. Un homme de 64 ans agressait sexuellement des femmes venues faire le ménage chez lui



Les faits sont répugnants et graves. Pourtant, l’accusé n’en avait pas vraiment conscience à l’audience du tribunal de Rouen (Seine-Maritime). Mercredi 5 mars 2025, un homme de 64 ans résidant à Yvetot était jugé pour des agressions sexuelles commises sur des aides à domicile, chez lui, dans le pays de Caux. Deux femmes ont déposé plainte et une était présente au procès.

Attouchements et propos indécents répétés

Les faits ont été commis à la fin de l’année 2024 et au début de cette année. Michel* 64 ans, à la retraite, est sous curatelle. Et il a besoin d’aide dans sa vie de tous les jours, pour les courses et le ménage. Régulièrement, plusieurs fois par semaine, des aides à domiciles interviennent chez lui, envoyées par une association spécialisée dans le domaine.

Céline* vient pour la première fois chez lui. Elle l’amène faire des courses. Au moment de les ranger dans le coffre de la voiture, il s’approche, pose ses mains sur ses hanches et se colle à elle, tout en lui faisant des avances sexuelles dans des termes très crus et éminemment choquants pour la victime. Abasourdie, elle n’a d’ailleurs pas osé partir, craignant qu’on lui reproche de ne pas avoir fait son travail, d’avoir commis un abandon de poste.

Les agissements de l’accusé reprennent de retour à la maison. Pendant que Céline passe l’aspirateur, il lui touche la poitrine et le sexe, réitérant également ses propositions dans des termes obscènes. Le lendemain, il lui laisse un message sur téléphone, lui proposant de se voir lors d’un de ses jours de congé. Après s’être rendue dans les locaux de l’association en pleurs, Céline va porter plainte à la gendarmerie.

La seconde victime, Sandrine*, absente à l’audience, raconte des faits similaires aux enquêteurs : des attouchements répétés sur des parties intimes, accompagnés d’avances sexuelles exprimées avec la plus grande vulgarité.

L’accusé minimise les faits

Ces faits, l’accusé — placé en détention provisoire à l’issue de sa garde à vue — ne les reconnaît qu’en petite partie ou les minimise. « J’ai mis une main aux fesses, je ne les ai pas tripotées pendant des heures », répond-il en guise d’explication. À l’audience, il s’énerve et rapidement décide ne plus parler.

Son casier judiciaire en revanche lui est éloquent : six condamnations, dont une à cinq ans de prison pour viol, par une cour d’assises. Cour d’assises de Rouen qu’il retrouvera d’ailleurs bientôt, puisqu’il est actuellement mis en cause dans une nouvelle affaire de viol.

Côté parties civiles, l’avocate de Céline — qui n’a pas souhaité s’exprimer devant le tribunal — a mis en avant les conséquences dramatiques que les « agissements très graves » de l’accusé ont eu sur elle. « Elle est en arrêt de travail, fait des angoisse et a troubles du sommeil. Elle a désormais peur de travailler au contact d’hommes. Elle a en elle une colère qu’elle ne peut exprimer. Aujourd’hui, elle ne veut pas s’exprimer, car elle a peur de s’effondrer devant son agresseur. »

Condamné et maintenu en prison

Dans ses réquisitions, l’avocat général a demandé une peine de 18 mois avec maintien en détention. « Cela semble être une longue peine pour un homme âgé, mais il faut protéger la société », a-t-il souligné.

Du côté de la défense, l’avocat de Michel s’est dit « étonné » par la lourdeur de la peine requise, qu’il estime « disproportionnée ». Au final, le tribunal l’a condamné à 12 mois de prison avec maintien en détention, à l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes et à son inscription au Fijais (fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).

Cette condamnation est susceptible de faire l’objet d’un appel

*Les prénoms ont été modifiés



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