Un serial voleur. Cet habitant de 55 ans de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) était de nouveau devant le tribunal correctionnel, ce mardi 25 février 2025. Cet habitué du palais de justice comparaissait pour la 53ᵉ fois de sa vie. Dont la quasi-totalité du temps pour des faits de vol. Et l’audience du jour n’a pas fait exception à la règle, Imad* étant poursuivi pour cinq vols ou recel (ainsi que la détention d’une arme blanche).
« Vous ne pouvez pas vous en empêcher ? »
Lorsque le président évoque les faits reprochés, on découvre le profil d’un homme habitué à voler. Presque par réflexe. « Vous ne pouvez pas vous en empêcher ? », demande d’ailleurs le tribunal.
Cette fois-ci, tout commence le 22 février lorsque des responsables du magasin Métro de la rive gauche, interpellent la police pour leur signifier qu’ils ont une vidéo d’un homme qui vole une sacoche – qui contenait 900 euros – dans une voiture sur le parking avant de repartir au volant d’une Peugeot. Les inspecteurs de police la visionnent et découvrent que la voiture Peugeot est inscrite au fichier des véhicules volés. Surtout, ils reconnaissent Imad au volant de cette dernière.
Ils se rendent chez lui et trouvent la voiture en question en face de son habitation. Plus tard, lorsque Imad se rend dans cette même voiture, les policiers l’interpellent et découvrent par la même occasion qu’il est porteur d’un petit couteau. Direction la garde à vue pour le Sottevillais. Garde à vue durant laquelle les policiers vont découvrir qu’il possède dans la Peugeot des biens qui ont été volés ainsi qu’un portable également dérobé. Un portable acheté 40 euros dans un bar de Saint-Étienne-du-Rouvray. « Je l’ai acheté sous le manteau au PMU. J’avais un doute qu’il était volé. Quand les policiers m’ont dit que c’était volé, j’ai dit aïe aïe aïe. »
« Qu’est-ce qu’on fait de vous ? »
« Qu’est-ce qu’on fait de vous ? » Cette question est revenue, en substance, à trois reprises lors des débats. Car le président n’a pas manqué de rappeler les plus de 50 mentions à son casier judiciaire. Dont les premiers faits remontent à 1989. Et les derniers à mars 2024. « Comment vous l’expliquez ? », demande le président. « C’est à cause des stupéfiants. Mais j’ai fait des démarches avec l’association la Boussole. Je ne prends plus de drogue depuis un an. » Mais il précise tout de même prendre « deux bières, deux à trois fois par jour ».
Plus tard, lors des échanges, on apprendra qu’il a finalement consommé de nouveau de la drogue et récemment. Et c’est d’ailleurs ainsi qu’il explique ses nouveaux vols (et ceux de 2024). « On ne peut pas lui faire confiance », résume le parquet. « Lui laisser une chance ? Ce n’est pas possible », tacle la procureure qui demande une peine de 12 mois de prison avec maintien en détention.
Une question de psychiatrie ?
Pour la défense, nous sommes face à un kleptomane qui a besoin d’aide. « On l’a retrouvé en possession d’une carte grise, d’objets qui n’ont aucune valeur. Ça ne lui sert strictement à rien. Sur les 53 mentions à son dossier, toutes, à part 3 ou 4, concernent des vols. » L’avocat veut aussi démontrer que ce n’est pas lui qui a volé cette sacoche sur le parking du Métro. « Son portable a borné à six kilomètres au même moment. Et on n’a rien retrouvé chez lui. »
Il faut se tourner du côté de la psychologie pour la défense. Et demande au président de faire le lien entre son addiction aux stupéfiants, ses multiples peines de prison au cours de ces dernières années, et la mort de son frère, qui est intervenue lors d’une overdose en détention. « Il y a un trouble de l’ordre psychiatrique. Nous sommes sur le profil type d’une personne qui va recommencer toute sa vie [à voler]. L’envoyer en prison ne va pas l’aider. »
Imad est finalement condamné à 12 mois de prison dont quatre avec sursis**. Il est maintenu en détention et se voit dans l’obligation de suivre des soins en addictologie et psychiatrie ainsi que de suivre une formation et de travailler.
*prénom modifié
**cette peine est susceptible d’appel, tout prévenu demeure présumé innocent tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées.
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