Ces derniers jours, pendant près de six heures, s’est déroulée dans la ZAC du Parc 2 000 à Pierrevives, à Montpellier, la reconstitution de l’assassinat de Maeva, cette mère de quatre enfants de 27 ans tombée dans un guet-apens en été 2023. Une étape judiciaire incontournable dans une procédure criminelle qui marque la fin de l’instruction, avec le renvoi dans les prochains mois des quatre auteurs et complices présumés devant la cour d’assises de l’Hérault.
Un adolescent mineur au moment des faits -il avait 16 ans- et trois jeunes femmes, tout juste adultes -18 ans à l’époque- sont mis en examen dans ce dossier sanglant. Ces derniers jours, de 18h à 23h30, la reconstitution a eu lieu dans la rue Bernard Giraudeau, dans le Parc 2 000, mitoyenne des domiciles de la cité de la Mosson-la Paillade où résidait la victime, ainsi que les mis en examen, invités à refaire les terribles gestes de cette nuit du 21 au 22 août 2023.
Les services de police avaient bouclé tous les accès à cette zone entièrement inhabitée la nuit, puisqu’elle ne comprend que des sociétés et des entreprises, pour permettre au juge du tribunal judiciaire de Montpellier de diriger cette reconstitution, en présence d’un magistrat du parquet, des avocats de la défense et d’une des parties civiles. La présence des membres de la famille des mis en examen et de l’ancien conjoint de Maeva a été refusée par le juge.
Selon nos informations, l’assassin présumé de cette mère de famille ne s’est pas montré coopératif pour refaire les gestes qui lui sont reprochés et pour expliquer le mobile, confirmant que les versions divergent grandement depuis le début de l’information judiciaire sur les raisons ayant amené le mineur défendu par Me Marc Gallix à larder Maeva de treize coups de couteau après lui avoir tendu un piège sordide avec trois complices présumés, qui sont tranquillement rentrés chez eux après l’avoir abandonnée agonisante, au point de les rendre peu crédibles, voire suspectes.
Plainte pour viol classée
Et s’ils couvraient un commanditaire, très proche de Maeva durant plus d’un an avant son assassinat ? C’est l’hypothèse avancée par Guillaume Raymond, l’avocat de la famille qui a exhumé, lors de l’instruction, la plainte de huit pages de Maeva pour viol et menaces de mort enregistrée par un policier du commissariat du quartier Nord-Mosson, non pas contre X, mais contre personne dénommée déjà visée par des mains courantes, quelques mois plus tôt. Mais la personne visée n’a jamais été entendue et la plainte a été classée sans suite par le procureur un mois avant l’assassinat…
Piste écartée
Une piste à laquelle ne veulent pas croire ni le juge, ni ceux de la chambre de l’instruction près la cour d’appel et qui a été écartée. Pourtant, informé semble-t-il de sa démarche, ce proche aurait multiplié les menaces pour contraindre Maeva de retirer cette plainte pour viol et menaces de mort, comme l’attesteraient des indices matériels. La famille qui réside dans la cité de la Mosson veut que la vérité éclate sur le décès horrible de Maeva, que les participants présumés à ce guet-apens macabre ont laissé agoniser en pleine nuit, dans cette rue isolée de Pierrevives.
La version livrée par les mis en examen, tant en garde à vue que lors de l’instruction, est loin de convaincre cette famille et les amis de Maeva : maman de quatre enfants, elle serait venue à ce rendez-vous nocturne à Pierrevives sans se méfier -elle connaissait l’adolescent qui habite dans la cité- pour qu’on lui rembourse une dette de 1 000€, liée à des cartouches de cigarettes de contrebande qu’elle avait accepté d’avancer. La victime voulait récupérer son argent, sans se douter qu’elle allait tomber dans un piège sanglant.
Téléphone et SMS
Tard dans la soirée du lundi 21 août 2023, après avoir été destinataire d’un appel téléphonique et d’un SMS, Maeva avait demandé à une voisine de la cité de la Mosson de garder ses quatre enfants le temps de se rendre à ce rendez-vous fixé non loin de là, dans une rue de Pierrevives. Elle était heureuse de récupérer les 1 000€, comme l’adolescent de 16 ans venait de lui promettre. Mais il n’était pas seul, dans ce coin de la rue Bernard Giraudeau plongé dans l’obscurité, où des complices, des femmes âgées de 18 ans étaient cachées à proximité d’une voiture garée par le mineur et dans laquelle devait se dérouler la transaction.
On connaît la suite. Ont-ils agi sur ordre de ce proche de Maeva en relation avec l’assassin présumé et avec lequel elle avait coupé tout contact ? A t-elle été victime d’un féminicide commandité, comme le pense sa famille ? Le mystère n’a pas été dissipé lors de cette longue reconstitution.
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