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Université de Lille. Intervention des CRS aux abords du campus Pont de Bois : ce qu’il s’est passé


Ça a chauffé quartier Pont de Bois à Villeneuve-d’Ascq (Nord), dès les premières heures de la matinée du mercredi 12 février. Les CRS sont intervenus très fermement pour empêcher un blocage étudiant contre les coupes budgétaires de l’Université de Lille. Par la voie d’un communiqué, les étudiants se disent choqués et évoquent « du jamais vu ». Ils mettent en cause les responsables de l’Université ; ceux-ci assurent avoir agi par « sécurité ». La situation va-t-elle perdurer ?

Chargés, gazés sans distinction, selon les étudiants de Lille

Ils étaient une soixantaine le 12 février à vouloir bloquer l’université à Pont de Bois. Ils, ce sont les étudiants de la Fédération syndicale étudiante, inquiets des coupes budgétaires drastiques imposées pour l’enseignement supérieur. « Nous avions voté en AG le 11 février le blocage de Pont de bois pour faire bouger les choses » explique Lina, secrétaire générale de la FSE à Lille.

Voilà des pancartes préparées par la FSE de Lille pour dénoncer les coupes budgétaires concernant l’enseignement supérieur. ©FSE

En arrivant très tôt le lendemain sur place, c’est la surprise : « La police était déjà là à 6 h du matin, on ne s’y attendait pas. Normalement ils n’ont pas le droit d’être sur le campus, pour entrer, il leur faut l’autorisation des responsables universitaires et des doyens de facultés. »

Puis, très vite, la situation dégénère, selon la version des étudiants dans un communiqué détaillé.

Les étudiants mobilisés ont été intimidés, chargés et gazés par la police qui s’est même permis de saisir et confisquer le matériel de nos camarades. Les étudiants mobilisés ont été violemment gazés sur la passerelle à une heure d’affluence, certains recevant les palets sur les jambes ou le corps directement.

Lina y était, elle donne des précisions : « Vers 7h30, sur la passerelle (menant du métro à l’entrée de l’université), les militants ont été chargés, recevant de fortes doses de gaz lacrymogène, dont les capsules sont arrivées dans nos jambes. C’était choquant, d’autant que c’était l’heure où les étudiants arrivent pour prendre leurs cours, donc eux aussi, ils ont été gazés à leur grande surprise ! »

Ensuite, des entrées dans les bâtiments ont été bloquées par la police, d’autres filtrées, avec vérification des cartes d’étudiants, « et fouille systématique et en détail des sacs » dit Lina.

La FSE dénonce « l’échelle inédite de cette répression, le campus restant sous occupation policière pendant toute la matinée pour intimider les étudiants ». La fac a été fermée à 17 h 30 mercredi 12 février, pour rouvrir jeudi 13 matin, avec encore des policiers présents, mais moins massivement.

Une question de sécurité

De leurs côtés, les responsables universitaires n’ont pas la même version. Ils mettent en avant le « besoin de sécurité » qui a imposé l’intervention policière, sans en préciser plus.

Les forces de l’ordre sont intervenues sur la voie publique pour permettre aux étudiants et aux personnels de se rendre sur le campus pour suivre et assurer les cours mais aussi pour assurer la sécurité des personnes et des biens, ainsi que la sécurité de l’actuel chantier de la BU SHS (bibliothèque universitaire de sciences humaines et sociales).

Les étudiants dénoncent une première à Pont de bois : l’entrée sur le campus des forces de l’ordre. De leur côté, les responsables de l’Université disent que la police a agi « sur la voie publique ». Donc hors université. Mais où commence la zone universitaire ? Dans les locaux ? Ou avant ?

Les revendications

Quelles sont les revendications des étudiants ? La situation ne concerne pas que l’Université de Lille, mais les universités de France. Car les coupes budgétaires annoncées sont générales dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Plus précisément à Villeneuve-d’Ascq, la FSE réclame :

  • la fin de la sélection Parcoursup,
  • la non-fermeture des 220 places en L1 (première année de licence),
  • et plus d’argent pour les travaux.

« Les bâtiments tombent en ruines », note Lina. Elle précise : « À Cité Scientifique, des amphis sont fermés à cause de découvertes d’amiante, les étudiants sont donc transférés à Pont de Bois déjà surchargé. Il y a des problèmes de chauffage, d’humidité… »

La baisse du budget annoncé aggravera encore la situation.

Les étudiants restent mobilisés : « Si la présidence ne veut pas sauver l’université publique de Lille, nous nous en chargerons, par la lutte et la mobilisation ! », promet la FSE.



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