Au lendemain du tragique décès d’une lycéenne de 15 ans après un accident de car en Eure-et-Loir et alors que le chauffeur a été testé positif au cannabis, la police nationale de Fougères (Ille-et-Vilaine) a mené une vaste opération de contrôle, ce vendredi 31 janvier.
30 chauffeurs contrôlés
Aux alentours de 16 heures, les forces de l’ordre se sont donc déployées dans la gare routière de Fougères pour procéder à des tests salivaires sur tous les conducteurs de cars. « C’est une opération que nous avions programmée dans le courant du premier trimestre et dont nous avons avancé la date », expose le commandant de circonscription. « Nous voulons montrer qu’aucun type de véhicule n’est à l’abri de ces contrôles. L’an dernier, nous avions fait la même chose avec les moniteurs et élèves d’autos-écoles par exemple. »
Méthamphétamines, amphétamines, THC (cannabis), opiacés, cocaïne… La salive de chaque chauffeur a été passée au crible par les tests. Au total, 30 conducteurs ont été contrôlés en 1 h 20. Aucun d’eux n’était positif.
Que se passe-t-il en cas de contrôle positif ?
« Si un conducteur est positif à ce contrôle salivaire, nous le conduisons au commissariat, où nous lui réalisons un deuxième prélèvement à l’aide d’un kit de vérification salivaire. Le tube est envoyé dans un laboratoire à Paris et nous recevons le résultat, avec le dosage, sous une semaine à dix jours », détaille le commandant de circonscription. « Souvent, il n’y a pas de garde à vue ou elle est courte et sans décision pénale, car nous attendons les résultats du test. Mais en attendant, nous réalisons une rétention du permis de conduire. »
« C’est rassurant »
Chauffeur depuis 1992, Stéphane, 54 ans, comprend la démarche. D’autant qu’il est révolté par le fait que le conducteur du bus accidenté a été positif aux stupéfiants. « C’est inadmissible et ce n’est pas sain pour la profession. On a une vraie responsabilité quand on transporte des passagers », assène-t-il.
Ce n’est pas cool pour ceux qui essaient de faire du bon boulot et d’être professionnels.

D’ailleurs, Stéphane est favorable à l’installation de tests de stupéfiants pour empêcher le démarrage des cars en cas de positivité. « On l’a déjà pour l’alcoolémie. Et je pense qu’il faudrait l’élargir aux poids lourds et aux super-lourds car j’ai été routier, j’ai beaucoup roulé, notamment à l’étranger, et je voyais bien que certains chauffeurs ne faisaient pas que manger durant leurs repos. »
Un voyageur complète : « C’est rassurant, je n’ai pas envie d’avoir un accident en bus. J’en ai déjà eu un, très grave, en voiture. J’étais avec un copain qui conduisait sous alcool et stupéfiants et il en est mort. Je prends moi-même le car parce que j’ai perdu mon permis pour avoir conduit sous stupéfiants et alcool. La police a d’ailleurs bien fait de me l’enlever. »
Que risque un conducteur contrôlé sous stupéfiants ?
Une personne contrôlée sous stupéfiants au volant d’un véhicule perd immédiatement six points et encourt jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 euros d’amende.
Ces sanctions peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison et 9 000 euros d’amende si le conducteur a aussi consommé de l’alcool, jusqu’à 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende en cas d’accident mortel, et même jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende en cas d’accident mortel quand le conducteur commet une circonstance aggravante supplémentaire (stupéfiants et alcool ou conduite sans permis par exemple).
Une suspension voire une annulation du permis de conduire peut par ailleurs être prononcée.
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