Le 10 mars 2025, le tribunal de Dieppe a eu à juger le comportement de deux jeunes de la région de Eu, l’un habitant Saint-Rémy-Boscrocourt et l’autre à Criel-sur-Mer, en Seine-Maritime.
Un troisième individu aurait pu être à leurs côtés, mais encore mineur au moment des faits, il devrait être convoqué par le tribunal pour enfants.
« Arrêtez les gars, c’est une daronne »
Le 11 septembre 2021, ces trois jeunes sortent d’un bar et font une réflexion à un autre client a priori éméché.
Une bousculade s’ensuit puis une bagarre. « On était dans le noir, on ne voyait rien, d’ailleurs, j’ai pris un coup de poing qu’un de mes amis destinait à l’autre personne ».
Sur ces entrefaites arrive, en voiture, la mère du jeune homme qui a l’habitude de venir rechercher son fils lorsqu’il est en soirée.
Le voyant à terre, elle va se précipiter pour le défendre, mais à son tour, elle va être projetée au sol et recevoir au moins un coup derrière la tête.
Elle est présente au tribunal pour donner sa version des faits et le moins que l’on puisse dire c’est que les deux prévenus ne vont pas utiliser les meilleurs arguments de défense en répétant devant le juge ce qu’ils ont déjà dit aux gendarmes :
Elle est arrivée sur nous en furie, mais avec ses cheveux courts et sa voix, on a cru que c’était un homme.
C’est l’amie de l’un d’entre eux qui les aurait alertés : « arrêtez les gars, c’est une daronne (sic) ».
Une expertise médicale
À la barre du tribunal, les deux hommes ne font pas preuve d’un immense repentir.
Ils regrettent du bout des lèvres s’attachant surtout à obtenir la non-inscription de la condamnation qui pourrait leur être infligée sur leur casier judiciaire, l’un des deux envisageant de faire carrière dans la police.
Me Blin souligne les conséquences sur sa cliente : « elle a peur des représailles, d’ailleurs, elle a beaucoup hésité à venir à cette audience et son fils n’est pas venu pour la même raison ».
Il insiste sur la violence de l’épisode : « il y en a un qui la met à terre, un qui la maintient et le troisième qui frappe. C’est de la lâcheté ».
Et de réclamer une expertise médicale pour fixer le préjudice exact de sa cliente.
Me Bellet tente de dédramatiser les choses : « au départ, il y a trois jeunes qui veulent faire une blague à un autre un peu plus âgé et très alcoolisé ».
Il obtient en partie gain de cause avec une peine relativement clémente de 35 heures de travail d’intérêt général pour chacun des prévenus qui devront verser 500 euros de provision à la victime en attendant l’audience sur intérêts civils qui se déroulera le 24 septembre prochain.
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