Jeudi 27 février 2025, Mathilde*, 25 ans, a dû répondre de violence habituelle sur mineur devant le tribunal correctionnel. Les faits qu’on lui reproche se sont produits d’août à novembre 2024, à Saint-Sylvain, à 25 km au sud de Caen (Calvados).
« Elle est violente, j’ai peur pour sa vie »
En novembre dernier, Louis* se présente à la gendarmerie pour porter plainte contre sa compagne. Il l’accuse de maltraiter leur fils de 4 ans. « Elle est violente, j’ai peur pour sa vie. Un mauvais coup est vite arrivé. »
Sa plainte est appuyée par des vidéos qu’il a lui-même fournies. « Je voulais apporter des preuves, du concret. » Deux mois avant de solliciter les forces de l’ordre, il avait posé des caméras à son domicile, car il était de plus en plus inquiet du comportement de l’enfant.
Je travaillais beaucoup. Quand je rentrais, Erwan* s’accrochait à moi, se cachait derrière moi. Il est autiste. Il ne parle pas.
Des « inspections buccales » forcées
Le petit garçon porte en effet des traces rouges sur le visage. À califourchon sur l’enfant, pour bien le maîtriser, sa mère lui ouvrait la bouche de force pour lui « faire les dents », en l’inspectant avec la lumière de son téléphone.
Un enregistrement audio a été diffusé à l’audience. Les hurlements de l’enfant sont insupportables. « C’est de la torture », réagit la présidente. On y entend également la mère crier et proférer des injures. « Les insultes, c’était pour son père, par pour lui », tente-t-elle de se justifier.
Face à l’évidence, elle nie les violences
Elle aurait inspecté les dents de l’enfant de cette façon régulièrement. Dans une vidéo, on la voit plaquer son visage dans le matelas. Pourtant, jusqu’au bout, même lorsqu’elle est confrontée à l’évidence, la prévenue jure n’avoir jamais été violente.
Aux preuves, terribles, s’ajoutent des témoignages. Selon la famille de Louis, elle était insultante et violente envers son compagnon. Selon la directrice de l’école d’Erwan, c’était une personne froide avec son fils. L’expertise psychiatrique n’a pas décelé de troubles du discernement.
« Vous lui parliez comme à un animal »
Pour le procureur, aucune justification ne peut être audible.
Vous ne parliez pas à ce petit garçon de 4 ans comme à un être humain, mais comme à un animal. Pire, comme à une chose.
Le tribunal va suivre son réquisitoire : Mathilde est condamnée à 2 ans ferme, dont 1 an avec sursis probatoire. Elle devra également s’astreindre à des soins psychologiques et suivre un stage de responsabilité parentale. Il lui est désormais interdit d’entrer en contact avec l’enfant en dehors de la présence d’un adulte. Son autorité parentale lui a été retirée.
*Prénoms d’emprunt.
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