« Il était touchant ». À l’annonce du décès de Jean-Louis Debré le mardi 4 mars 2025, son ancien collaborateur à l’Assemblée nationale Yves Michel a déploré « une grande perte ».
Bien que des relations professionnelles les unissaient, les deux hommes étaient proches, « sans avoir la prétention d’être amis », ajoute Yves Michel.
Il y avait beaucoup d’affection entre lui et moi, réciproquement.
Figure majeure de la droite, Jean-Louis Debré « aimait profondément les gens et la vie locale ». Au point que son collaborateur a dû lui lire « des dizaines de fois l’article lui interdisant d’être élu local en plus de ses fonctions de président », s’amuse Yves Michel.
Debré lui avait d’ailleurs rendu visite à Tourville-sur-Sienne (Manche), où Yves Michel était maire jusqu’à la fin des années 2010. C’était même lui qui avait « animé une soirée à Tourville. Les gens ont découvert son vrai visage : un homme drôle et convivial ».
« Irréprochable »
Un autre trait de caractère a marqué l’ancien maire : sa fidélité. Une fidélité « à ses idées, à ses convictions, mais aussi à Jacques Chirac », souligne Yves Michel.
Durant l’une des dernières séances à l’Assemblée pendant le mandat de Jacques Chirac, « tout le monde se précipitait vers Nicolas Sarkozy, qui allait lui succéder à la tête de la droite. Tout le monde, sauf Jean-Louis Debré. Il ne voulait pas bouger tant que Jacques Chirac n’avait pas officiellement annoncé qu’il ne se représenterait pas ».
Salué par tous les bords politiques, Jean-Louis Debré s’est éteint dans un sentiment de respect unanime, qui ne surprend pas Yves Michel.
Comme président de l’Assemblée, il a toujours veillé au respect des droits de l’opposition. En dehors des débats, il avait de bonnes relations avec tout le monde. Il était irréprochable.
Homme politique profondément humain et sympathique, Yves Michel se souvient aussi d’un « artiste ». Debré « dessinait très bien » et esquissait souvent des objets, aux crayons bleu et rouge.
« Des chopes de bière avec des dessins de colonnades ou de Marianne en bleu et rouge se sont par exemple vendues au kiosque de souvenirs de l’Assemblée nationale, sans jamais préciser que Debré en était l’artiste », sourit l’ancien maire.
Arthur PUYBERTIER
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