Alors qu’en début d’après-midi, le 26 juillet 2024, les policiers effectuent des contrôles d’identité dans le quartier de La Trébale à Saint-Nazaire, ils aperçoivent un jeune qui prend la fuite en courant et en criant : « Arah, arah (1)…» Il accélère et prend la route des Fréchets. Rattrapé par une policière, il lui assène un coup de poing.
L’affaire est venue devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire le 27 février 2025, mais cet homme de 20 ans, au casier vierge, ne s’est pas présenté.
Coup de poing « involontaire »
Lors de son audition, il avait tout contesté. Il avait déclaré que, résidant dans l’Essonne, il était en vacances, logeant dans un hôtel de La Trébale, que ce jour-là, il marchait tranquillement et « qu’il n’avait pas refusé l’interpellation ».
Il avait affirmé :
« Si la policière a reçu un coup de poing, il était involontaire, c’était en me débattant, car ils m’avaient maintenu contre un buisson. »
Ce n’était pas la version donnée par les victimes, comme le précisera leur avocate, Me Sylvie David : « Le policier est intervenu d’abord et n’a pas cherché à l’étouffer contre un buisson, comme le prévenu a bien voulu le dire ! »
Quant, à la policière, il s’agit bien « d’un geste volontaire : il lui a asséné un coup de poing au visage avec deux bagues, dont l’une porte un pic comme un poing américain ».
L’auditrice de justice, représentante du ministère public, a ironisé :
« Monsieur était en vacances à La Trébale… ne sachant pas qu’il était dans un quartier connu pour trafic de drogue ! »
Elle a été suivie dans ses réquisitions : 120 jours-amende à dix euros et une interdiction de paraître à Saint-Nazaire durant trois ans.
Le « vacancier » devra verser 800 € de frais d’avocat aux policiers et 800 € de préjudice moral à la blessée.
(1) Cri utilisé par les guetteurs à proximité des points de deal pour alerter de l’arrivée de la police.
Source link