Un habitant de Pornic (Loire-Atlantique) figure parmi les centaines de parties civiles au procès de Joël Le Scouarnec, qui a démarré lundi 24 février à Vannes devant la cour criminelle départementale (CCD) du Morbihan, informe l’agence Presspepper.
Âgé aujourd’hui de 33 ans, il avait en effet été opéré en décembre 2012 sous anesthésie générale au centre hospitalier de Jonzac (Charente-Maritime) pour une « torsion testiculaire ».
« J’ai pu contempler, puis tripoter un peu la bite en érection d’un jeune homme de 20 ans couchée sur son ventre nu », avait ensuite consigné le chirurgien dans son sordide « journal intime ». « Comme j’aurais aimé être seul avec lui par la lui sucer ! »
Sur la foi de ces écrits, les enquêteurs avaient pu identifier le trentenaire de Pornic, qui leur avait confirmé avoir été hospitalisé à Jonzac au moment des faits. Mais il « ne reconnaissait pas » Joël Le Scouarnec sur le tapissage photographique qui lui avait été soumis et il « ne se remémorait avoir subi aucun geste déplacé ou inapproprié ».
Il avait néanmoins précisé qu’il était « encore fortement alcoolisé à la suite d’une soirée organisée la veille de son hospitalisation », avait fait observer la juge d’instruction dans l’ordonnance de mise en accusation (OMA) renvoyant le chirurgien devant la cour criminelle départementale pour « agression sexuelle ».
L’oubli « pas surprenant » de l’accusé
Pour sa défense, Joël Le Scouarnec avait fait valoir qu’il avait « forcément eu un contact » avec le sexe du jeune homme « au regard de la pathologie présentée » puisqu’il devait le « récliner pour avoir accès à ses testicules ».
Il avait ensuite simplement « décrit » ce « geste par nature purement médical » avec « une connotation sexuelle » dans son journal intime, pour assouvir ses « fantasmes ». L’ancien chirurgien « conteste » donc toute « agression sexuelle » dans ce dossier.
Mais « lorsqu’il évoque ses fantasmes, il écrit au conditionnel, ce qui n’est pas le cas en l’espèce », avait fait observer l’avocat du jeune homme pour que la qualification pénale envisagée soit retenue.
Des « troubles anxieux sévères »
Son client souffre aujourd’hui d’un « tableau post-traumatique avéré » et de « troubles anxieux sévères » qui « posent l’hypothèse d’un mécanisme de défense type refoulement ».
« Le fait que Joël Le Scouarnec n’ait pas de souvenir de lui n’est pas surprenant eu égard […] au nombre de victimes », avait ajouté l’avocat de la victime pornicaise.
« Le terme ‘tripoter’ n’appartient manifestement pas au vocabulaire médical, est doté d’une forte connotation sexuelle et ne saurait être confondu avec un acte médical », avait confirmé la juge d’instruction dans son ordonnance de mise en accusation, pour justifier le renvoi du médecin devant la cour criminelle départementale pour cette « agression sexuelle ».
« Si un contact bref avec le pénis […] pouvait s’avérer nécessaire […], Joël Le Scouarnec a pu profiter de cette opportunité pour pratiquer des attouchements sexuels discrets, en dehors de toute justification médicale », pense la juge d’instruction.
Le procès de l’ancien médecin est prévu pour durer quatre mois.
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