Dans une lettre, le sénateur socialiste Sébastien Fagnen alerte la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher à propos « des agissements de Veolia dans le cadre de l’exploitation par la Société de propreté et d’environnement de Normandie (Spen) de l’installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) située sur les communes du Ham, Éroudeville et Écausseville ».
Le parlementaire manchois prend la défense des riverains excédés, regroupés dans l’association « Ensemble contre le projet d’enfouissement à Éroudeville ».
Des nuisances reconnues
Ces habitants subissent des désagréments quotidiens.
Chaque jour en fonction des variations climatiques, des températures et des vents, des odeurs pestilentielles sont ressenties sur les communes environnantes et rendent la vie quotidienne infernale à des milliers de personnes aux alentours.
Des nuisances reconnues par la préfecture et les élus du territoire.
« Défaillances »
Déjà engagé sur le dossier depuis plusieurs mois, Sébastien Fagnen fait part à la ministre des « défaillances de l’installation ».
En mars 2024, le sous-préfet a émis un contrôle du site qui a révélé l’absence de mise en conformité au sujet du traitement des excédents de lixiviats obligeant Veolia à régler une astreinte administrative de 1 000 € par jour.
Le sénateur pointe une autre incohérence technique. Récemment, la SPEN a acheté un laser méthane portatif mutualisé sur les trois sites. « Alors même qu’une réponse convenable aux nuisances nécessiterait un laser par site ainsi que des rondes de détection très régulièrement », estime l’élu.
Contre l’agrandissement du site
Pour lui comme pour le conseil d’Agglo du Cotentin, l’agrandissement du site est un non-sens. Il représente un « risque manifeste avec son lot d’externalités négatives et un coût considérable pour les collectivités locales dans le cadre de la trajectoire progressive vers la ZAN ».
L’extension priverait un jeune agriculteur de la totalité de ses terres et sonnerait le glas de son exploitation.
Une alerte au ministère il y a un an déjà
Le sénateur manchois avait déjà alerté Christophe Béchu, alors ministre de la Transition écologique. Ce dernier s’était montré sensible au sujet et l’avait transmis à la Direction générale de la prévention des risques (DGPR). C’était en avril 2024, la sollicitation est restée lettre morte.
Un an plus tard, Sébastien Fagnen espère que l’action du ministère, portée par Agnès Pannier-Runacher, parvienne à améliorer la situation.
Source link