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Un proxénète à la tête d’un réseau de 21 femmes interpellé à deux pas du commissariat

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Un homme de 42 ans, d’origine chinoise, est accusé d’avoir aidé et assisté la prostitution de 21 femmes asiatiques à travers tout le Grand Ouest, de Brest à Poitiers en passant par Saint-Gilles-Croix-de-Vie, La Roche-sur-Yon et les Sables d’Olonne.

Au tribunal de La Roche-sur-Yon, lundi 31 mars 2025, il a comparu pour proxénétisme aggravé. Arrivé en Espagne il y a 20 ans, il a utilisé sa carte de séjour en France pour louer des Airbnb à des femmes étrangères qui n’avaient ni ressource ni papier.

Le procureur a exposé un schéma organisé : « Monsieur gère un « pool » de femmes dans le Grand Ouest de la France. » Des relevés téléphoniques, des photos ainsi que des factures de péage démontrent qu’il se déplaçait régulièrement entre Lorient, Rennes, Brest, Angers, Tours, Le Mans, Poitiers, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Les Sables d’Olonne et La Roche-sur-Yon, transportant des femmes pour qu’elles se prostituent dans des logements locatifs de courte durée. En deux mois, il aurait parcouru 20 000 km. « Certains jours, je pouvais parcourir 800 à 1 000 kilomètres », a-t-il confessé par le biais de son interprète.

L’enquête révèle un réseau structuré

Tout commence le 24 mars dernier, lorsque le propriétaire d’un appartement situé à 100 mètres du commissariat de La Roche-sur-Yon alerte la police après avoir loué son bien sur le site Booking.com. Il a observé « un certain nombre d’allées et venues dans son logement qui peut faire penser à des activités de prostitution ».

Une surveillance est mise en place. Le prévenu est observé « quittant les lieux juste avant l’arrivée d’un client à 10 h 35 et revenant après son départ du logement à 11 h 07 ». L’après-midi, les enquêteurs ont constaté deux autres va-et-vient. Idem le lendemain, où trois clients se sont succédé entre 10 h 20 et 11 h 55.

Deux clients ont été interrogés et ont avoué avoir payé pour une relation sexuelle avec « une femme d’origine asiatique », à raison de 60 euros pour 20 minutes et 100 euros la demi-heure.

Vidéos :

La perquisition du véhicule du prévenu a permis d’établir des liens entre ses déplacements et des activités de prostitution dans tout le Grand Ouest via 21 annonces publiées sur le site Sexmodel. Une ligne téléphonique en Espagne a été en contact avec 1 300 communicants.

L’appartement en question a été fouillé : des liasses de billets ont été retrouvées, notamment dans un sac de riz et une boîte à œufs, ainsi que 240 préservatifs, des bouteilles de lubrifiant et des serviettes vaginales.

Sa « compagne »

À la barre, assisté d’une traductrice, le prévenu a affirmé qu’il ne savait pas que sa « compagne » se prostituait. « Je pensais qu’elle était masseuse », a-t-il déclaré. Il reconnaît avoir transporté des femmes et récupéré des clés de logements loués, mais assure ignorer leur activité.

Interrogé sur les 4 200 euros retrouvés sur lui, il répond : « 600 euros, c’est elle qui me les a donnés parce que son logement n’était pas sécurisé. Le reste vient de mon travail en Espagne. » Sur les annonces de prostitution retrouvées dans son téléphone, il affirme avoir seulement cherché à vérifier l’activité de sa « compagne » par curiosité.

Interrogée par les policiers, la femme en question a avoué se prostituer depuis un mois en payant monsieur pour qu’il lui trouve un logement, des clients et qu’il veille à sa « sécurité », mais a nié toute relation amoureuse ou sexuelle avec le prévenu.

La procureure insiste : « Il n’est ni son concubin, ni son amoureux, comme il a pu l’expliquer. Il est son proxénète. » A la suite de son interrogatoire, la prostituée n’a pas souhaité porter plaine et reste à ce jour introuvable. Elle avait confié avoir « quitté son pays natal pour trouver du travail et nourrir ses enfants ».

« Traite d’êtres humains »

La procureure est catégorique : « Il s’agit d’un dossier de traite d’êtres humains. » Elle décrit des femmes « privées de liberté et de dignité », déplacées de ville en ville, logées dans des appartements pour de courtes durées (trois ou quatre jours maximum) et contraintes de verser une part de leurs gains.

Sans argent ni papier, la prostituée du logement de La Roche-sur-Yon avait déclaré « ne pas connaître le nom de la ville dans laquelle elle se trouve ».

La magistrate souligne que le prévenu contrôlait les annonces et l’argent issu de la prostitution. « Les messages retrouvés prouvent qu’il organisait l’activité, contrôlait les comptes et collectait les fonds. » Au total, les enquêteurs estiment qu’environ 53 000 euros auraient été générés par cette activité en quelques mois.

« C’est de l’amateurisme »

L’avocate de la défense conteste la qualification de réseau organisé. « Louer un appartement pour de la prostitution à 100 mètres d’un commissariat, c’est de l’amateurisme, pas un réseau structuré. »

Elle insiste sur le fait que son client n’a jamais encaissé directement les gains des prostituées et que rien ne prouve qu’il a participé activement à leur exploitation. « On est bien loin de la mafia chinoise et d’un trafic international. Monsieur dit qu’il aime madame et qu’il l’aidait, rien de plus. »

Une plaidoirie qui n’a pas convaincu le tribunal. Le prévenu a été déclaré coupable et condamné à cinq ans d’emprisonnement, 25 000 euros d’amende, ainsi qu’à l’interdiction du territoire français et du port d’armes pendant dix ans.



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