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un policier piège un homme de 39 ans en se faisant passer pour une adolescente



Marc* n’est pas très à l’aise à l’audience de la 7e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes le 5 février 2025. Nerveux, il se gratte la tête en permanence quand il est amené à s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés.

Des photos et de messages à caractères sexuels

À la fin de l’été 2022, de retour de vacances, ce frigoriste, père de deux adolescents dont une fille de 14 ans, s’ennuie au travail. Pour passer le temps, il s’inscrit sur le tchat de la station de radio Skyrock, où de nombreux jeunes auditeurs conversent autour de la sexualité.

Il envoie plusieurs messages et finit par être sollicité par une adolescente qui à l’âge de sa propre fille, sans que cela ne l’embarrasse nullement. Dès leurs premiers échanges, sa correspondante indique qu’elle a 13 ans. Cela n’inquiète pas Marc.

Au fil de leur conversation, ce père de famille, originaire du département du Gers (32), après quelques échanges anodins, s’oriente vers des messages plus explicites. Marc réclame des photos. Même si son visage est flouté, l’apparence de son interlocutrice ne laisse planer aucun doute sur sa jeunesse. L’homme ne s’arrête pas là. Ses messages sont de plus en plus osés. Il lui envoie même une photo de son sexe en érection.

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« On était dans des scénarios »

« Pour moi, c’était irréel. On était dans des scénarios », se justifie l’homme de 39 ans. « Je pensais que c’était quelqu’un comme moi, qui s’inventait une vie », poursuit-il d’une voix blanche.

Marc ne pouvait soupçonner que derrière cet avatar aguicheur se dissimulait un major de la Police nationale, chargé de traquer les pédophiles en puissance. Il explique que pour lui tout cela relevait du pur fantasme, qu’il n’était pas spécialement attiré par les jeunes filles, comme l’exploitation de son ordinateur a pu le montrer.

L’examen psychologique auquel il a dû se soumette a constaté que sa personnalité dégageait des traits d’immaturité et de dépendance affective. Dans ses réquisitions, la procureure de la République a rappelé que de se connecter sur un site fréquenté en grande majorité par des jeunes de moins de 15 ans, ne relève pas du hasard. « Vos explications sont un peu lunaires. Vous donnez l’impression de rester dans une forme de déni par rapport à vos actes », l’a-t-elle piqué.

À l’issue du délibéré, Marc a été condamné à 7 mois d’emprisonnement avec sursis et devra se soumettre à des obligations de soins. Il est également inscrit au FIJAIS (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).

*Les prénoms ont été changés.



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