Le quartier Vauban à Lille (Nord), déjà riche d’écoles supérieures, en compte une flambant neuve, depuis le début de l’année scolaire 2024-2025. L’école d’ingénieur ESME, à l’étroit dans ses précédents locaux investis depuis 2019, a construit un bâtiment adapté aux nouveaux usages et à sa pédagogie. Visite.
L’école lilloise en plein essor
L’école ESME, née en 1905 à Paris, compte aussi des campus à Lyon, Bordeaux et Lille. Elle propose un parcours de formation général en ingénierie, puis des spécialisations qui ne sont pas les mêmes en fonction du territoire. A Lille, on peut se spécialiser en transition énergétique. Un choix qui a du sens, dans une région où le dispositif REV3* trouve un fort écho dans les entreprises.
Parmi les 2 800 élèves tous campus confondus en 2024 (contre 1 400 en 2015), on en compte 300 à Lille. Dans ces locaux modernes et moins énergivores, situés au 14, rue Colson, on trouve moins de « salles de classe classiques » au profit d‘espaces dédiés aux ateliers pratiques. « Avant nous avions de espaces plus modulaires. Ces grands espaces autour de la classe, c’est le grand changement », présente Véronique Bonnet, directrice générale d’ESME. Un amphithéâtre a été construit, pour accueillir des événements et non des cours. « Nous avons un fablab et de nombreux espaces dédiés aux projets de groupes », présente le directeur de l’école lilloise, Vincent Cornu. Ceci pour des projets de cours (dès la première année), d’entreprise ou associatifs. « Il y a une vraie dynamique associative dans l’école. Les étudiants mènent de nombreux projets, passionnants », se réjouit le représentant du campus de Lille.
L’école spécialiste de deux grands domaines
ESME propose une formation post-bac avec prépa intégrée. Elle est experte sur deux grands domaines :
- L’énergie (production, stockage, utilisation), qui est son héritage historique ;
- Le numérique (digitalisation, réseau télécom, cybersécurité).
« L’idée est qu’après 3 ans de formation chez nous, les élèves puissent intervenir dans tous les domaines. Puis ils se spécialisent sur 2 ans », poursuit Véronique Bonnet.
L’objectif de l’école de Lille est que 50 ingénieurs sortent chaque année diplômés de l’école. La structure met en avant le fait qu’elle propose « des parcours personnalités. Chaque potentiel est mis en avant, nous faisons du sur-mesure », insiste la DG d’ESME. Le parcours intègre aussi une expérience obligatoire à l’étranger. « Nous avons un beau réseau d’universités internationales, 90 partenaires dans le monde. Tous les élèves partent un semestre. »
Répondre aux enjeux de demain
Depuis 2021, l’école est reconnue comme « société à mission ». « Nous avons repensé notre pédagogie pour former les ingénieurs de demain« , présente Véronique Bonnet. C’est-à-dire des professionnels capables d’inscrire leurs projets dans une dynamique plus durable. « Par exemple, pour une entreprise qui veut intégrer l’IA [intelligence artificielle, NDLR] à un process, il faudra lui chiffrer l’impact environnemental d’un tel projet. » Une demande forte dans les entreprises, dans lesquelles les ingénieurs d’expérience n’ont pas eu de telle formation. « Ils n’ont pas les outils, c’est ce que vont leur apporter les nouvelles générations. » Des nouvelles générations dans lesquelles les femmes sont de plus en plus représentées. « C’est vraiment quelque chose qu’on met en avant. L’école est ouverte à tous les bacheliers, à partir du moment où ils sont intéressés par les sciences, les maths ou les nouvelles technologies, évidemment », appuie la directrice d’ESME.
Des projets concrets qui font sens
Dans le fablab de l’école, ça fourmille de projets… concrets ! En plus des tests en classe, des entreprises font appel à des élèves pour développer des solutions. On y trouve notamment une maquette créée pour Van Rysel, visant à faciliter l’entraînement des cyclistes en intérieur.
Baptiste Desfontaines, étudiant en 3e année et qui se destine à un parcours en mécatronique, a fait son stage à Osiris Agriculture l’été dernier. L’entreprise, qui met la robotique au service des agriculteurs, lui a demandé de plancher sur un gros projet. Pour ce faire, il a créé un groupe de travail avec deux autres élèves. « On construit le modèle réduit d’un robot pour récolter des données dans les champs », présente-t-il. Ils travaillent avec du matériel industriel et oscillent entre les sessions en atelier, pour le développement, et sur le terrain, pour la partie mécanique. « Avoir un petit groupe nous permet d’avancer plus facilement, et on se complète. » Voilà qui leur met le pied à l’étrier !
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