Home Faits Divers Un naturopathe veut à nouveau exercer en Vendée malgré la mort d’une...

Un naturopathe veut à nouveau exercer en Vendée malgré la mort d’une de ses stagiaires

43
0



 Le « naturopathe » de Saint-Julien-des-Landes (Vendée) qui avait été mis en examen en 2023 pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d’autrui après la mort deux ans plus tôt d’une participante à ses stages de « jeûne hydrique » à Noyant-de-Touraine (Indre-et-Loire) a demandé au tribunal administratif de Nantes, mercredi 5 février 2025, d’annuler la décision prise en septembre 2021 par le préfet de la Vendée pour lui interdire de tels stages sur le département.

« Détoxiquer le corps »

Eric Gandon organisait en effet des « stages de jeûne hydrique » de quatorze jours à La Tranche-sur-Mer, pour permettre aux inscrits d’avoir une « meilleure hygiène de vie » et de « limiter les risques de maladie ». Dans une « société où le consumérisme prime » ces stages sont proposés dans un but de « détoxiquer » et de « détoxiner » le corps, a expliqué son avocate devant le tribunal administratif de Nantes en s’appuyant sur des « données de l’Institut Pasteur ». 

En « contrat » avec des « hôtels » et des « prestataires de service », son client « accompagnait » ses stagiaires lors de « réunions matinales » où il prenait « systématiquement le pouls et la tension » des intéressés. Ils étaient aussi « libres d’arrêter l’expérience » quand ils le souhaitaient. 

« Manipulation mentale »

Sur le plan juridique, Eric Gandon considère donc que le préfet de la Vendée était incompétent pour prononcer une telle interdiction : dans la mesure où ces stages ne se déroulaient qu’à la Tranche-sur-Mer, cela relevait du pouvoir de police du maire de la commune. La décision était en tout état de cause « non nécessaire » et « disproportionnée ».

Après avoir rappelé que la naturopathie est un « ensemble de soins non reconnus par la médecine moderne », le rapporteur public a utilisé les termes de « manipulation mentale » et de « mise sous emprise » pour qualifier cette pratique. Même si aucun lien n’est fait de façon définitive à ce jour entre le décès de la participante au stage de Noyant-de-Touraine et sa pratique du « jeûne hydrique », « on ne peut en écarter la possibilité », a-t-il expliqué à l’audience. 

Vidéos :

Le magistrat – dont les avis sont la plupart du temps suivis par les juges – a aussi rappelé qu’un préfet était habilité à intervenir quand des « menaces sanitaires graves » et un « risque important pour la santé » sont avérés.

Face à ces stages « trop longs » et au « risque avéré » qu’ils font courir aux participants, il n’y avait « pas de possibilité d’une décision moins sévère » qu’une interdiction.

Le tribunal administratif de Nantes, qui a mis sa décision en délibéré, rendra son jugement dans les prochaines semaines.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here