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un « marchand de sommeil » jugé

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Il nie être un « marchand de sommeil ». Raphaël Zennou, 85 ans, qui touchait près de 350 000 euros par an avec les loyers de ses locataires, est pourtant jugé pour « soumission de personnes vulnérables à des conditions indignes d’hébergement » et « mise en danger d’autrui » devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Son procès se tient jusqu’à ce vendredi 14 mars.

« Je suis atterré par leurs déclarations »

L’octogénaire s’offusque des accusations portées contre lui. Ancien boucher-charcutier devenu multipropriétaire au cœur de Marseille, Raphaël Zennou nie être un « marchand de sommeil », même si ses logements étaient insalubres et envahis par les rats.

« On leur donne un appartement correct, je suis peiné, je suis atterré par leurs déclarations », s’est-il défendu, assis à la barre, en raison de son état de santé.

Jugé aux côtés de son épouse et de l’homme à tout faire qui les aidait notamment à récupérer les loyers auprès de leur soixantaine de locataires, l’ancien artisan assure même avoir « été toujours à l’écoute des locataires ».

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Des chauffages qui ne fonctionnent pas

Les occupants de ses immeubles et appartements situés dans les quartiers populaires de Belsunce et Noailles, au centre populaire de Marseille, évoquent eux les nuisibles, les moisissures qui rongeaient les murs, les chauffages qui ne fonctionnent pas.

« Les souris vivaient avec nous, les rats et les cafards, c’est une horreur », avait dénoncé un locataire aux enquêteurs, pointant aussi l’envahissement des parties communes par les trafiquants de cigarettes du quartier.

Lorsque le tribunal diffuse des photos de lieux, le prévenu s’indigne : « La situation, je ne l’ai pas créée », oppose-t-il, assurant avoir « donné des produits ».

Des bénéficiaires des allocations de la CAF

Depuis le milieu des années 1990, l’ancien boucher-charcutier de Noailles et son épouse avaient acquis une soixantaine de logements, dont certains immeubles dans leur totalité, via deux SCI familiales. Ces logements étaient loués majoritairement à des bénéficiaires des allocations logement versées par la CAF.

En 2020, les revenus du couple s’élevaient à près de 346.000 euros. « Moi je suis sur le terrain et ma femme s’occupe de la paperasse », a expliqué Raphaël Zennou, qui tenait un petit bureau sur le marché des Capucins où ses locataires venaient verser leur loyer.

Alors qu’elle avait passé un hiver sans chauffage, une femme vivant avec sa fille âgée de 16 ans avait témoigné auprès de la cellule « habitat indigne » de la sûreté départementale de sa peur de se retrouver à la rue. Elle payait donc rubis sur l’ongle 620 euros par mois pour un T2 couvert de moisissures, avec une pièce noire, sans eau chaude et infestée de cafards.

Perception de loyers indus

Également poursuivis pour perception de loyers indus, l’octogénaire et sa femme avaient notamment loué des appartements dans un immeuble frappé de deux arrêtés de péril successifs, en février 2020 et août 2022.

« Ici ce n’est pas la mairie, soit tu paies, soit tu pars », avaient rapporté plusieurs occupants. L’un d’eux avait même reçu un commandement à payer et avait été assigné devant le tribunal. « Je reconnais que sur soixante locataires, j’ai fait l’erreur d’encaisser des loyers que je n’aurais pas dû, mais j’ai compensé postérieurement », s’est-il défendu.

Avec AFP



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