Ce vendredi 14 mars 2025, Lenny Vallier, joueur de l’En Avant Guingamp, comparaissait à la barre du tribunal de Guingamp (Côtes-d’Armor) aux côtés de son ex-compagne et mère de leur unique enfant. Il s’accusent mutuellement de violences conjugales.
Le couple s’est formé en 2018 à Reims (Champagne Ardennes). D’après la jeune femme, les violences psychologiques et physiques n’ont pas tardé à survenir.
Pourtant, aucune plainte n’a été déposée, pas plus que pour l’audience d’aujourd’hui.
Une saisine du tribunal sans enquête préalable
En effet, en 2024, Manon Da Costa a choisi la citation directe à parquet pour faire comparaître son ex-conjoint devant un tribunal. Ce type de saisine particulier ne permet pas de mettre en œuvre une enquête judiciaire réalisée par des enquêteurs, que ce soit police ou gendarmerie.
C’est d’ailleurs ce que va déplorer le ministère public au cours de l’audience : « En se privant de plainte, on se prive de témoignages, d’investigations, de confrontations, etc. »
Des violences dénoncées sur fond de garde d’enfant
Le calendrier de cette citation interroge également la défenseure du joueur de football.
Cette citation intervient en effet peu de temps après la saisine par son client du Juge aux affaires familiales (JAF), afin que soit étudié son droit de garde pour son enfant.
Cette avocate n’hésite pas à pointer du doigt « l’instrumentalisation de la procédure judiciaire » afin de tenter d’apporter du poids dans une procédure liée à la garde d’un enfant.
Les faits dénoncés remontent à près de deux ans
À l’été 2023, le joueur vient de signer son contrat auprès d’EAG, mais rapidement, il se blesse au genou, il est opéré. Le couple vit alors proche du centre d’entrainement du club.
C’est sur trois jours, à la fin du mois d’août 2023 que les violences ont été commises. Sans surprises, les versions divergent. Qui a commencé, qui a riposté ?
Des violences, « coup pour coup »
Elle dénonce avoir été victime de bousculades, des « front contre front », un coup de béquille sur le poignet, une gifle et elle reconnaît l’avoir également giflé, lui avoir donné des coups de pieds, l’avoir mordu, » comme je n’avais jamais mordu jusque-là » précise-t-elle à l’audience, en ajoutant que c’était pour se dégager de son emprise.
De son côté, le jeune homme indique que les coups de pieds étaient ciblés vers son genou blessé, il en aurait reçu un ou deux, il reconnait aussi l’avoir repoussée, l’avoir empoigné par le bras et lui avoir « rendu » sa gifle.
Seuls éléments matériels de ce dossier, des photographies
Les seules choses certaines sont les traces visibles sur des photographies, des hématomes sur le bras pour elle, une trace de morsure assez sévère sur l’avant-bras pour lui.
Faute d’enquête, aucun certificat médical n’accrédite les blessures occasionnées, hormis la trace de morsure que l’intéressé avait décrite comme celle d’un chat au médecin du club.
Ce praticien lui a fait savoir qu’il ne croyait pas vraiment à l’hypothèse du chat aux vues de la trace laissée.
L’avocate du joueur tient à signaler que son ex conjointe n’a jamais reconnu devant le JAF avoir porté des coups à son client, chose qu’elle vient pourtant de reconnaître devant le tribunal guingampais.
Aujourd’hui, la jeune femme vit dans les Pyrénées Atlantique avec son enfant, son client ne bénéficie que d’un droit de visite médiatisé.
« Une totale égalité au score »
Après en avoir délibéré, le tribunal constate que des violences ont été commises de part et d’autre, les deux « prévenus-victimes » sont condamnés à une peine identique de 1 000 euros d’amende avec sursis.
Ils devront également se verser mutuellement 500 euros de dommages et intérêts et 800 euros afin de régler leurs frais d’avocats respectifs.
SK
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