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un homme jugé pour avoir harcelé son ex-compagne, « Une rupture n’est pas une infraction pénale »



Pierre* et Annabelle* se sont aimés pendant 5 ans. Leur relation a été parfois un peu fluctuante. Des séparations ponctuelles ont suivi des épisodes passionnels, au gré de leur vie de couple un peu compliquée. À la fin du mois de mai 2022, Annabelle quitte brusquement Pierre pour un autre homme, sans réelles explications. Ce n’est pas la première fois que la jeune femme trompe Pierre, mais ils avaient jusque-là prolongé leur aventure sentimentale après quelques tensions.

« Je voulais sortir enfin de cette relation toxique »

Pierre envoie plusieurs messages pour tenter de reconquérir sa compagne. Ses déclarations enflammées restent lettre morte, avant que son numéro de téléphone ne soit bloqué. Dans les semaines qui suivent, Pierre poursuit sa correspondance en envoyant des e-mails, dont la teneur, jamais menaçante, n’est parfois pas très « glorieuse », comme l’a soulevé le procureur de la République.

De son côté, Annabelle n’a pas apprécié l’insistance de son ancien compagnon. Elle l’a aperçu deux fois près de son appartement et dans un restaurant qu’ils fréquentaient ensemble autrefois.

« J’étais tout le temps aux aguets. Je voulais sortir enfin de cette relation toxique. C’est pour cela que j’ai porté plainte au mois de septembre suivant, pour qu’il arrête de vouloir me reconquérir » a-t-elle insisté.

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Le prévenu relaxé

Deux ans après les faits, Pierre a tourné la page. Il s’est installé en Moselle où il exerce un travail dans l’industrie pharmaceutique. Il s’est marié et sera bientôt père. « Oui, j’ai envoyé des messages provocateurs. Ils n’étaient pas destinés à faire peur. Il faut les remettre dans le contexte de notre séparation que je trouvais cruelle », s’est-il défendu.

Lors de sa plaidoirie, son avocate, Maître Déborah Meier-Mimran, n’a pas mâché ses mots en s’étonnant que son client soit jugé pour un chagrin d’amour.

« Une séparation n’est jamais un long fleuve tranquille. Une rupture, même avec l’envoi de messages peu aimables, n’est pas une infraction pénale », s’est-elle emportée en demandant la relaxe de son client. Le tribunal judiciaire s’est aligné sur sa position. Pierre a été relaxé à l’issue du délibéré.

*Les prénoms ont été changés.



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