Jean-Paul* jette un œil furtif à sa mère qui assiste à l’audience de la 10ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes. Il vient de passer deux mois sous les verrous en attendant son procès. Il ne donne pas l’impression de réaliser les faits qui lui sont reprochés.
Le prévenu complètement ivre
Dans la soirée du 30 novembre dernier, Jean-Paul monte dans les étages d’un immeuble d’Évry-Courcouronnes. Il a beaucoup bu. Une bonne bouteille de whisky selon ses dires. Sur le palier du deuxième étage, il entre dans l’appartement de Louise*, une femme de 80 ans, qui se remet difficilement d’une fracture du bassin.
Elle se déplace avec un déambulateur et souffre d’incontinence. Des aides à domicile se relaient toute la journée pour l’assister dans sa dépendance. Pour faciliter sa prise en charge, elle a pris l’habitude de laisser sa porte d’entrée ouverte et Jean-Paul le sait, depuis que la veille au soir, il a déjà une première fois essayé de l’importuner.
Juste avant 20 heures, l’homme de 32 ans pousse la porte d’entrée, et se dirige directement vers Louise. Il lui soulève sa chemise de nuit et touche ses parties intimes à travers ses protections urinaires. Il prend la fuite, en ayant volé ses clefs qui se trouvaient sur la table du salon. Apeurée, la victime se réfugie dans sa salle de bain et appelle la police.
« J’ai dérapé comme tout le monde »
Elle reconnaîtra son agresseur sur les planches photographiques qui lui sont présentés. Jean-Paul est interpellé et comme à l’audience du tribunal, il explique son geste par sa consommation excessive d’alcool. « J’ai dérapé comme tout le monde » s’exclame-t-il devant ses juges consternés.
« Votre réaction m’inquiète au plus haut point », le pique la présidente du tribunal, sans que le prévenu n’adopte une attitude plus compréhensive à l’égard de sa victime. « J’ai une amie dans ma vie. Je ne suis pas attiré par les personnes âgées. Elle a fait ses déclarations pour obtenir des indemnités », se défend-t-il avec peine.
Interrogé sur ses antécédents judiciaires, notamment sur l’agression sexuelle pour laquelle il a été condamné à l’âge de 17 ans, Jean-Paul reste flou. Il n’en n’a pas gardé le moindre souvenir. « C’est sorti de ma tête », se contente-t-il de répondre. Le prévenu a reçu une peine de 36 mois d’emprisonnement, dont 18 avec sursis. Il effectuera la partie ferme de sa condamnation en prison.
*Les prénoms ont été changés.
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