Un quinquagénaire de Saffré (Loire-Atlantique) a été reconnu coupable ce lundi 27 janvier 2025, par le tribunal correctionnel de Nantes (Loire-Atlantique), des « violences sur personne vulnérable » qu’il avait infligées à sa fille « autiste profonde » entre 2016 et 2022.
Loire-Atlantique : un homme condamné pour des violences sur sa fille autiste
L’homme, âgé de 55 ans, avait été jugé pour ces faits le 6 janvier 2025 : un « certain nombre de signalements sur sa fille » avaient été faits par la Maison d’accueil spécialisée (MAS) Diapason de Grandchamp-des-Fontaines (Loire-Atlantique).
Des « hématomes importants » avaient en particulier été remarqués par la personne en charge de sa « tutelle ».
Ceux-ci avaient été constatés quand la victime « revenait » de l’Institut médico-éducatif (IME) Paul-Eluard d’Ancenis (Loire-Atlantique), au point que certains se demandaient si elle était « frappée par un autre jeune de cette institution » gérée elle aussi par l’ADAPEILA, l’association départementale des amis et parents d’enfants atteints d’un handicap mental.
Mais l’IME avait fait valoir que cela n’était « pas possible » car la jeune fille était alors « toujours accompagnée par un éducateur », avait expliqué la présidente du tribunal correctionnel de Nantes.
L’association avait dans ces conditions fait un signalement au procureur de la République : dans la mesure où des hématomes avaient été constatés « le lundi matin au retour d’un week-end chez les parents », les soupçons s’étaient tournés vers le père de la victime, âgée aujourd’hui de 26 ans.
Des hématomes « volumineux » et « très nombreux »
La jeune fille pouvait en fait être elle-même « très violente » et « agressive », selon ses proches : elle « s’auto-flagelle » et avait « souvent frappé sa mère ».
Dès lors, son père « lui gueule souvent dessus » et elle « essaie de gueuler encore plus fort ».
Un « chauffeur de car » s’était dit « assez étonné » et même « choqué » du comportement du prévenu. Il l’avait vu un jour « jeter au sol » sa fille.
Les gendarmes avaient eux-mêmes entendu le prévenu « hurler », et sa fille pouvait être traitée de « chieuse » et de « connasse de chez connasse ».
Lors de l’audience, cet électricien avait assuré que « l’hématome à l’œil » de la victime résultait du fait qu’elle se soit « tapée dans le guidon du motoculteur ».
« La victime ne parle quasiment pas »
Reste que, dans ce « dossier difficile sur le plan humain » selon l’avocat de la partie civile Me Philippe Greslé, « les photos sont impressionnantes » trouvait la procureure de la République.
« C’est l’élément-phare de ce dossier, ils sont volumineux et très nombreux. Qu’il y en ait sur les épaules, les bras ou les jambes, pourquoi pas… mais pour la nuque et l’œil, ça me semble plus compliqué. »
« Il ne s’agit pas de nier la difficulté de la prise en charge d’une autiste profonde : monsieur est coupable, oui, mais faut-il l’opprobre d’une condamnation à de la prison ? Non », avait-elle répondu.
« C’est compliqué, pour un parent, de gérer un enfant handicapé 24 heures sur 24. »
Un « avertissement pédagogique » sous forme de « stage de responsabilité parentale » à effectuer aux frais du prévenu sous six mois lui semblait plus adapté.
L’avocat de cet homme jusqu’alors inconnu de la justice avait lui appelé la juge à ne pas tomber dans « une vision assez manichéenne des choses, pas très humaniste et pas très humaine ».
« La victime ne parle quasiment pas et ne s’exprime que par gestes brusques », avait ainsi souligné Me Stéphane Vallée.
« Oui, c’est compliqué, pour un parent, de gérer un enfant handicapé 24 heures sur 24. »
Son client a finalement été reconnu coupable de « violences psychologiques » ce lundi 27 janvier 2025 : il devra accomplir un stage de responsabilité parentale et verser 1.000 € de dommages et intérêts et 400 € de frais de justice à sa fille.
GF (PressPepper)
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