
Mis en examen en 2021 pour diverses infractions, dont les plus graves ont fait l’objet d’un non-lieu, un homme âgé de 35 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), mardi 18 février 2025, pour avoir harcelé son ex conjointe en lui envoyant des centaines de messages malveillants.
De l’amour à la haine
Ce n’est pas moins de 165 pages de retranscriptions de SMS, sur une période d’un mois et demi, que la victime a reçu au printemps 2021.
De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas. Le prévenu oscille entre les deux. Du chantage au suicide tranche avec certains mots d’amour agrémentés de petits cœurs.
Après quatre années de vie commune et la naissance d’un petit garçon, la jeune maman décide de mettre fin à cette relation amoureuse.
« Une intolérance à l’abandon »
L’homme l’accepte mal. Comme le décrivent les deux experts psychiatriques qui se sont penchés sur son cas, cet homme présente « une intolérance à l’abandon. »
Cette séparation intervient en mars 2020. L’homme évoque des difficultés à trouver un logement pour se confiner. D’un commun accord, il reste sur place. Cela lui permet également de rester en contact avec son fils.
Seulement, l’homme impose également la chambre commune, en installant un matelas au sol.
A la barre, comme en procédure, le prévenu a reconnu, de façon plutôt penaude, qu’il n’aurait pas dû agir de la sorte et qu’il a effectivement envoyé trop de messages à son ex conjointe. « J’étais en détresse. »
Devant les questions de la présidente, il a assuré qu’aujourd’hui cette relation fait partie du passé. « Le plus compliqué à gérer, c’est la solitude », a expliqué celui qui a très peu de lien social et qui est sans emploi.
Alors que l’avocate de la victime a sollicité 2 000 euros de dommages et intérêts pour sa cliente et que le Ministère public a requis une peine de plusieurs mois d’emprisonnement avec sursis, l’avocate du prévenu a mise en avant une maladie diagnostiquée chez son client.
Un cas d’hébéphrénie
En effet, depuis sa mise en examen en 2021, ce dernier fait l’objet d’un suivi psychiatrique et une forme particulière de schizophrénie lui a été diagnostiquée. Une hébéphrénie pour être exact. Ce qui entraîne chez lui une certaine désorganisation et incohérence par moment.
Les deux experts psychiatres requis au cours de la procédure avaient conclu à l’altération du discernement du prévenu au moment des faits.
Après en avoir délibéré, le tribunal a retenu l‘altération du discernement, avant de condamner le prévenu à une peine de six mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire de deux ans. L’intéressé devra suivre les instructions suivantes : une obligation de soins, de travail et d’indemniser sa victime à hauteur de 1 500 euros, plus 800 euros afin de couvrir les frais d‘avocat de cette dernière. Il a également interdiction d’entrer en contact avec elle.
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