Jeudi 6 février 2025, Simon* (32 ans) a été jugé devant le tribunal correctionnel de Caen (Calvados) pour avoir harcelé son ex-compagne, de février à août 2022, à Moult-Chicheboville.
La séparation empire encore la situation
« Si vous aviez accepté cette séparation, vous ne seriez pas là » fait remarquer la présidente à l’homme à la barre qui est encore dans la rumination, dans l’incapacité de dépasser sa frustration, ne reconnaissant qu’à minima ce qui lui est reproché.
Cinq ans de vie commune et un petit garçon. Le couple n’aura pas duré plus longtemps, l’homme exerçant sur sa compagne un contrôle permanent : SMS incessants, coups de fil à son travail… Quand Julie* tarde à lui répondre, il ne dissimule pas sa hargne, en l’insultant et la menaçant.
La mère de la jeune femme a témoigné de scènes de violences, de colères noires, de coups dans les murs. Selon elle, l’homme aurait fait mener une « vie infernale » à sa fille. Si bien que celle-ci finit par le quitter en janvier 2022. Mais au lieu de se calmer, la situation aurait empiré : il l’aurait suivie partout, aurait crevé les pneus de sa voiture, multiplié les SMS… Peu de temps après sa plainte, il l’aurait frappée dans la rue. Julie, en épuisement psychologique ne sait pas comment faire face à cette situation. Il lui est prescrit un mois d’arrêt de travail.
Avec le recul, il parle « d’amour vache »
Dans un premier temps, Simon ne reconnaît que les SMS. Si leur contenu est « désagréable et parfois menaçant », ce serait dû à son énervement et aussi parce que cette séparation le rend malheureux et dépressif, explique-t-il à l’audience. « Est-ce une raison, lui demande la présidente, pour considérer la mère de votre fils comme votre chose ? ».
Il finit par admettre avoir pu être possessif, en appelant cela, avec le recul, de « l’amour-vache ». L’avocate de la partie civile rebondit en appelant cela : l’enfer. « Emprise, violence, harcèlement, tout y est. ». Rappelant pour l’occasion que le harcèlement a pour effet des dégradations de conditions de vie pouvant altérer la santé, elle sollicite, en réparation, plus de 3 000 euros. L’homme est connu de la justice pour des faits de vol aggravé, port d’arme, menaces de crime, dégradation de bien appartenant à autrui, détention de stupéfiants…
« Elle a toujours eu des comptes à lui rendre »
Il lui a pourri la vie car elle est sa chose. À ses yeux, elle a toujours eu des comptes à lui rendre.
La représentante du parquet note toutefois qu’il y a un mieux depuis la récente ordonnance de protection. Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 12 mois de prison avec sursis, à 24 mois de sursis probatoire avec injonction de soins psychologiques et interdiction d’entrer en contact avec Julie, à laquelle il devra verser 2 500 euros de préjudice moral et 210 euros de préjudice matériel (coût des soins psychologiques). Les frais d’avocat s’élèvent à 1 000 euros.
*Prénoms d’emprunt.
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